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Tome premier.
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SCULPTURE SUR BOIS .

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pour celles-ci, s’est repandue parmi les populations agricoles de cer-tains pays, notamment de la Suisse , oü eile constitue maintenant uneindustrie tres prospere.

LA SCULPTURE SUR BOIS DANS L’OBERLAND BERNOIS . — L’indus-trie de la sculpture sur bois dans l’Oberland bernois remonte ä 1815 ;eile y fournit aujourd’hui du travail aplus de 2,000 ouvriers et vendannuellement pour deux millions de marchandises de toute sorte. Ellea repandu l’aisance dans des localites dont les habitants vivaientauparavant d’une maniere miserable. Les bergers et les vachers engardant leurs troupeaux dans les päturages des Alpes , les charbon-niers en surveillant leurs feux dans la foret, les paysans reunis autourdu poele pendant les longues soirees d’hiver ajoutent ä leurs maigresressources en se livrant ä cette occupation agreable et lucrative. Unegrande quantite d’objets sculptes, vendus ä des prix derisoires, sontexecutes par ces ouvriers d’occasion, tandis que de nombreux ouvriersreguliere, gagnant depuis un frane jusqu’a huit francs par jour, tirentde cette industrie artistique toutes leurs ressources. Les sculpteurssuisses emploient presque toutes les essences : le sapin, le tilleul, lenoyer, le chene, le poirier, le pommier sont les principales; mais,dans ces derniers temps, les plus habiles se sont egalement mis atravailler l’acajou, le cedre, 1’ebene, le palissandre et le bois de ros@>-et y ont trouve le succes.

II y a, naturellement, une difference notable entre le travail del’ouvrier regulier et celui du charbonnier, du patre et du paysan;mais ä chacun sa tache, et ce n’est pas non plus une besogne identiquequ’on leur confie. Nous ne croyons cependant pas indispensable d’en-trer dans de minutieux details ä ce sujet; tout le monde connait lesobjets sculptes auxquels nous faisons allusion, et la facilite aveclaquelle le premier venu s’y met, avec plus ou moins de succes, sansaucune notion artistique prealable, prouve la nature elementaire desprocedes. Le patre suisse fait de la sculpture comme il ferait despaniere ou jouerait de la flute, comme le soldat tunisien fait du tricot,comme Giotto dessinait, et ajoute ainsi ä ses ressources autrementfort bornees. L’ouvrier est soumis ä la dure discipline de l’atelier qui,si eile n’est pas tres favorable au developpement du genie, marchan-dise assez rare, est indispensable a la bonne execution des ceuvrescourantes classees, aussi bien qu’ä la production reguliere exigee detoute industrie digne de ce nom. Pour celui-ci, la sculpture est untravail necessaire ; pour celui-lä, c’est un jeu de patience, une distrac-