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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES

specimens aux musees de Cluny , du Louvre et dans d’autres collec-tions publiques. L’ivoirerie de Dieppe , qui date du xiv° siecle, fut flo—rissante jusqu’ä la fin du xvn 6 ; la concurrence des artites flamands etallemands fit alors beaucoup de tort ä Dieppe , ä peu pres ruinee parles malheurs de la guerre; mais eile s’est relevee depuis, et, aujour-d’hui comme auxiv 6 siecle, c’est a Dieppe, ou chez les artistes dieppois etablis ä Paris , que le monde entier se fournit d’ivoirerie artistique.

Nous n’insistons pas sur l’impulsion que recut l’ivoirerie, commetous les arts alors en decadence plus ou moins profonde, du mouve-ment de la Renaissance, parce que ce furent l’Allemagne et la Flandrequi en profiterent le plus; ä cette epoque, en outre, l’ivoirerie seconfondit frequemment avec l’orfevrerie, entre les mains des artistesitaliens particulierement. Elle s’y mele encore aujourd’hui en touteoccasion, comme a la marqueterie et ä l’ebenisterie, ainsi qu’a beau-coup d’autres industries artistiques. L’ivoire, du reste, se travaille detoute sorte de facons ; mais les deux principales sont la sculpture et letour, et, pour le moment, c’est seulement de la sculpture que nousnous occupons. — Yoyons d’abord comment et oü on se procurel’ivoire et comment on le prepare aux emplois brillants de l’ivoirerie.

SOURCES DE L’IVOIRE. — Plusieurs animaux d’especes bien diffe-rentes fournissent de l’ivoire ä l’industrie. L’hippopotame, le cachalot,le morse et le narval ont des dents ou des defenses qui, a des degresvariables, peuvent remplir le meme but que les defenses d’elephant;mais celles-ci sont preferees pour plusieurs raisons, et d’abord pourla facilite avec laquelle on les travaille. L’ivoire de l’hippopotame estmeme plus beau, plus fin, plus dur que celui de l’elephant; mais lesdents qui le fournissent sont creuses et courtes ; on ne s’en sert doncque pour la fabrication d’objets tres petits, et en particulier des faussesdents. En tout temps, l’elephant a joui de cette preference marquee surses rivaux : au xi° et au xu e siecle, ses defenses etant devenues raressur le marche europeen, on s’en prit ä celles du morse ; mais on enrevint aux premieres aussitot qu’on le put. 11 s’ensuit que l’infortunepachyderme est presque le seul porte-ivoire qu’on chasse systemati-quement, qu’on extermine par tous les moyens, dans le but de luiarracher les dents ; aussi l’lnde s’en trouve-t-elle ä peu pres aussicompletement depeuplee que la Nouvelle-Zelande des oiseaux auplumage magnifique qui faisaient sa gloire naguere encore.

Heureusement pour l’ivoirerie, femigration, qui n’a pas eteinventee pour l’usage des elephants, peut toutefois leur etre appliquee