252
LES.ARTS ET METIERS ILLüSTRES.
pour le debitage de la defense, que sa courbure irreguliere et sa caviteinterieure profonde enlevent a tout Systeme preconcu, sans parier desobjets multiples auxquels l’ivoire peut etre destine et dont la natureinflue necessairement beaucoup sur la marche qu’il convient d’im-primer ä l’operation. Nous nous bornerons donc k quelques indica-tions generales.
TRAVA1L DE L’IVOIRE. — On debite l’ivoire au moyen d’une scietres fine a monture de fer. On Ie serre entre les machoires d’un etauen bois ; on trace au crayon le chemin que la lame de la scie, frequem-ment graissee, aura ä parcourir, en procedant de maniere a realiserla plus grande economie possible de la matiere, qui est chere ; puis onscie avec precaution. Les morceaux ainsi debites, quelles que soientleur forme et leur destination, sont alors degrossis ä la rape, qui doitleur donner la forme grossiere de l’objet qu’on en veut produire ; ona pour cela des räpes des formes et des grosseurs les plus diverses.Cette ebauche achevee, l’artiste poursuit son travail, toujours grat-tant, avec des burins et des grattoirs d’une variete infinie. Le poli sedonne au moyen d’üne poudre tres fine de gres et de craie meles,d’abord; puis avec de la craie melee de suif, et enfin avec de la craieseche ecrasee dans un linge.
On obtient des fcuilles minces d’ivoire, ayant jusqu’a 0 m ,40 delarge en decoupant l’ivoire en manchons au moyen d’une scie fine ädecouper, et en les etalant ensuite comme les manchons de verre des-tines a faire des vitres. — Ce procede etait connu des anciens, et ilsl’employaient avec tant d’habilete, qu’on a cru, ainsi que nous lesignalons plus haut, qu’ils savaient amollir l’ivoire.
Le travail de l’ivoire sur le tour se prepare de la meme facon,s’execute egalement avec des outils grattants, gouges pleines, ciseaux,bedanes, etc.; mais comme le fini est plus net, grace au mouvementcirculaire rapide du tour, on n’a pas recours au gres pour le poli : unponcage au papier de verre tres fin, une friction a la craie melee desuif, un coup de torchon final, avec un linge bien propre et bien sec,suffisent ordinairement a rendre extremement brillant l’ivoire ainsitraite.
TEINTURE DE L’IVOIRE. — Lateinture de l’ivoire, son blanchimentsont des operations souvent necessaires; celles de teinture le sontmeme absolument pour les diverses applications de cette substanceaux travaiix de marquetörie, de tabletterie, etc. Voici donc quelques