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LES ARTS ET METIERS ILLüSTRES.
jauni avec une pate faite de poudre de pierre ponce calcinee delayeedans l’eau, et en l’enfermant ensuite, sans l’essuyer, sous une clochede verre exposee aux rayons du soleil, cet objet avait entierementrecouvre sa blancheur au bout de quelques jours.
Plus recemment, une circonstance fortuite faisait deeouvrir, auMuseum d’histoire naturelle, un moyen de blanchiment non moinsefficace et d’une application plus generale; car eile s’etend a l’os etaux bois blancs dont la blancheur est alteree, et meme a quelquesautres substances. Voici dans quelles circonstances cette decouvertea ete faite et en quoi consiste le procede d’application :
Les conservateurs du musee anatomique du Jardin des Plantes etaient desireux de faire disparaitre la couleur jaunatre et graisseuse,ainsi que l’odeur desagreable que repandent les squelettes. M. Gloez,professeur de chimie, fut consulte; il conseilla les dissolvants descorps gras, etprincipalementl’essence de terebenthine. Gommel’odeurqui en emanait incommodait, il fit placer en plein vent les vases oüles objets a desinfecter trempaient dans l’essence, et il fut tres surprisde voir qu’en tres peu de temps, l’odeur cadavereuse avait disparu, etque, de plus, les os etaient devenus d’une blancheur eclatante.
Une exposition de trois ä quatre jours au soleil, dans de l’essencede terebenthine, rectifiee ou non, suffit pour un blanchiment complet;a l’ombre, il faut unpeu plus de temps. Mais une precaution essentielleä prendre est de placer les objets qu’on veut blanchir sur de petitschevalets en zinc, qui les soutiennent a quelques millimetres au-dessusdu fond de la caisse vitree dans laquelle on les place pour ce bain,afin qu’ils ne puissent pas etre attaques par le liquide acide qui resultede cette oxydation.
Gette action de l’essence ne s’exerce pas seulement sur les os etl’ivoire, mais encore sur les bois et d’autres corps. L’essence de citronet les autres isomeres de l’essence de terebenthine produisent le memeeffet.
AMOLLISSEMENT DE L’IVOIRE. — A propos de la sculpture chrysele-phantine, nous avons rappele d’apres les anciens auteurs que les artistesde l’antiquite savaient amollir l’ivoire et l’etendre en plaques assezgrandes. Comment s’y prenaient-ils ? — Nous avons deux recettes pourune; malheureusement, eiles ne valent guere plus que la recette dePanciroli pour la fabrication de la porcelaine de Chine , sauf que leresultat — negatif—se fait moins longtemps attendre. Donc, pourramollir l’ivoire, il suffit, suivant Dioscoride , de le faire bouillir