L’IVOIRERIE.
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pendant six heures dans une decoction de racines de mandragore, et,suivant Plutarque, dans de l’orge fermentee. Je soupconne Dioscoride d’avoir voulu se moquer : on ne se procurait pas si aisement de laracine de mandragore ; mais la recette de Plutarque ne vaut pasmieuxque la sienne, et par consequent il faut chercher ailleurs.
Procedes modernes. — C’est ce qu’on a fait, et, au moyen desubstances chimiques convenables, on est parvenu a... changercompletement la nature de l’ivoire. C’est ainsi qu’en traitant cettesubstance par l’acide hydrochlorique, Darcet a reussi ä la transformeren gelatine ; en trempant ensuite eette gelatine dans une dissolutionde tan, pour la teindre, puis, en la decorant avec des sels d’or etd’argent, il en faisait de l’ecaille, pouvant subir toutes les transfor-mations de cette substance et se souder ä chaud comme eile sansl’intervention d’aucun agent etranger.
On amollit encore l’ivoire en le plongeant dans une solutionconcentree d’acide phosphorique, qui rend translueides les objetsd’ivoire ainsi traites, en meme temps qu’elle les amene a une flexibiliteanalogue a celle du cuir; ils durcissent a l’air, il est vrai; mais ilsuffit alors de les plonger dans l’eau chaude pour leur rendre la Sou-plesse perdue.
SCULPTEURS ET BALEINIERS. — La sculpture sur ivoire compted’habiles amateurs, autant peut-etre que la sculpture sur bois> et desamateurs qui se sont formes eux-memes, sans notions de l’art et sansmodeles, comme nous en avons rencontre parmi ces derniers.
Pendant l’ete de 1883, Londres avait une exposition internatio-nale des pecheries, des produits et instruments de peche, etc. Dansla section americaine figuraient des produits de l’industrie despecheurs que le programme ne faisait certes pas prevoir : c’etaientdes sculptures sur ivoire, sur ivoire de morse naturellement, execu-tees par des matelots et des pecheurs de baieine, parmi lesquels lecapitaine baleinier Chester, qui eut naguere sa part dans l’odysseeterrible du Polaris et actuellement chef du personnel de la section.Laplupart de ces sculptures representaient des scenes dramatiques oucomiques de peche a la baieine, executees avec une delicatesse extra-ordinaire, quoique ä l’aide d’outils pour la plupart improvises etrarement propres a la besogne qu’on attendait d’eux.