L’ART DU LAPIDAIRE
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EXTRACTION ET PREPARATION DES DIAMANTSET AUTRES PIERRES PRECIEUSES
ORIGINES. — Lapidaire est la traduction elegante et classiquede tailleur de pierre. Dans l’antiquite, on traitait de lapidaire jus-qu’au carrier; mais dejä Pline donne ä ce mot son acception moderne,en s’en servant pour designer les artistes qui taillent, gravent ousculptent les pierres precieuses. On a dejä vu que les anciens imi-taient de tres bonne heure les pierres precieuses en perfection : onpeut inferer de lä qu’ils connaissaient depuis longtemps ces derniereset savaient les tailler; que ce soit Azalzel, dixieme prince des Egre-gores, ou tout autre qui le leur ait enseigne. 11 est certain, en toutcas, que, du temps de Moise , Tart de graver les pierres fines etaitconnu; bien que celui de tailler le diamant, la plus dure de toutes lesgemmes, düt rester longtemps un mystere, les anciens taillaient lespierres dures et y employaient la poussiere de diamant.
Dans l’Inde , cette patrie des pierres precieuses, oü les princesn’avaient qu’ä se baisser — ou ä faire baisser leurs esclaves —pour enavoir, l’emploi des gemmes, comme objets de luxe et d’ornement,remonte naturellement tres haut; mais, en dehors de l’Asie , cetusage ne se repandit qu’assez tard. Pline mentionne l’ecrin de Scau-rus, qui ne parait pas avoir ete d’une richesse extravagante, bienque ce füt le plus riche qu’il y eüt ä Rome de son temps. Mais celuide Mithridate, place par Pompee au Gapitole, etait un veritable tre-sor. Nous n’en referons point pour la millieme fois l’inventaire ; maisnous rappellerons qu’il s’y trouvait des diamants, des emeraudes, des