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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
limites du ridicule. On portait des pierres precieuses dans la coiffureet les vetements; on s’en fourrait partout, jusqu’ä etre incommodepar leur poids; et les hommes en etaient plus surcharges que lesfemmes, du moins que les honnetes femmes.
Au temps de la chevalerie, les hommes avaient du moins le bongout de laisser aux femmes le monopole de ces brillantes parures,dont ils commencerent seulement vers le xv e siede a faire abus pourleur propre compte ; et, quant au temps actuel, je voudrais bien savoirce que Ton pourrait faire de saphirs, d’emeraudes ou de rubis avecla tenue de croque-mort qui constitue la supreme elegance du cos-tume masculin : un diamant au doigt, au col, ä la poitrine, c’est bientout ce qu’on peut se permettre; encore n’y faut-il mettre aucuneostentation. Les parures de pierres precieuses ne peuvent donc decem-ment etre arborees par les hommes que dans les fetes costumees, outoutes les fantaisies sont permises; c’est pourquoi, sans doute, endehors de quelques particuliers privilegies, on n’en trouve guere enquantite que dans les tresors des souverains ou dans les collectionsmineralogiques.
L’application la plus generale et la plus heureuse des pierreries,ä notre appreciation, se retrouve dans l’ebenisterie, l’orfevrerie et lajoaillerie; c’est la, sauf la parure des femmes a laquelle la joaillerieest d’ailleurs bien forcee de mettre la main, la vraie place de cespierres aux vives couleurs et aux reflets eclatants, dans un luxe bienordonne.
CLASSIFICATION DES PIERRES PRECIEUSES . —Les pierres precieusessont des substances minerales naturelles formees par cristallisation,auxquelles la rarete, l’eclat, la couleur, la faculte qu’elles possedentde recevoir un beau poli, sans parier des caprices de la mode, fontreconnaitre une valeur considerable, qui n’a d’ailleurs rien de fixe,et que rarement une base raisonnable.
On divise generalement ces pierres en pierres dures et pierrestendres, les premieres rayant le cristal de röche, les autres ne le pou-vant faire; mais les joailliers caracterisent difleremment ces deuxgrandes divisions : ils distinguent les pierres precieuses proprementdites, qui sont le diamant, le rubis, l’emeraude, le saphir, la topaze,l’amethyste et le grenat; et les pierres fines, qui sont l’agate, la sar-doine, la cornaline, la calcedoine, le girasol, l’opale, la pierre delune, l’asterie, l’iris, la turquoise, le lapis-lazuli, la tourmaline, lamalachite, etc. On les divise egalement en orientales et occidentales.