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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

Un celebre mineralogiste anglais, John Mawe, venu au Bresil justement pour etudier les productions minerales du pays et en parti-culier ses mines de diamants, revenait sur ces entrefaites d’uneexploration de la province de Minas-Geraes, qui avait dure six mois.II demanda la permission d’examiner ce colosse des diamants. Gettepermission lui fut accordee, non sans peine, et, muni d’une autori-sation ecrite et signee par tous les membres du cabinet ministeriel,il se presenta au palais. Apres avoir tra verse un grand nombre depieces, arrete ä chaque pas par une sentinelle et force d’exhiber sonautorisation, il atteignit enfin le sanctuaire oü la Merveille des mer-veilles reposait sous la garde vigilante non de deux dragons, mais detrois officiers appartenant a divers corps, armes chacun d’une clefouvrant une serrure differente; et, en effet, le fameux diamant etaitdans une cassette enfermee elle-meme dans deux autres caisses, etpar consequent sous la protection de trois serrures.

Yu l’autorisation ministerielle, l’un des officiers s’avanga vers letresor, en grande solennite, et ouvrit la serrure de la premiere caisse;un second officier en fit autant de la sienne ; le troisieme, enfin, decou-vrit le tres precieux cristal aux yeux de Mawe qui, en sa qualite denaturaliste double d’un marchand de diamants, ne manifesta aucuneemotion, a la grande indignation des autres acteurs de cette seene,dont tous les nerfs vibraient comme des cordes de violon sous la pres-sion d’un archet vigoureux.

John Mawe prit le diamant, le considera avec attentfon pendantquelques minutes, approcha de sa surface brillante un sacrilegediamant de vitrier et — y fit aisement une profonde rayure...

... Adieu, veau, vache, cochon, couvöe!...

Adieu, millions innombrables! La pierre etait belle, sans doute,mais ce n’etait pas un diamant •-— et la garde d’honneur fut aussitötlicenciee. — Sic transü...