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LES ARTS ET METIERS 1LLUSTRES.
relle. « Je ne connais pas, s’ecrie M. Lavice, dans ses MusSes d’Italie ,un tableau de bataille superieur ä celui-Iä. Les deux principaux per-sonnages, quoique au milieu de la melee, se distinguent au premiercoup d’ceil, parce qu’ils sont sur le devant, et qu’Alexandre, d’un cote,s’avance le premier ä la tete de son escorte, tandis que Darius, deboutdans un char, se detache par le haut du corps sur le ciel. Et puis,presque tous les regards sont portes avec effroi sur l’intrepide et ealmeAlexandre, de sorte que le heros du drame est parfaitement designe...Quant au dessin, aux couleurs, a la perspective, aux effets d’ombre etde lumiere, je ne crois pas que les meilleurs peintres de la Renaissanceaient rien fait de mieux... » Et pourtant, ce splendide morceau ne nousest point parvenu intact, loin de lä : il parait meme qu’il avait ete casseen divers endroits deja anterieurement a la catastrophe qui causa laruine de Pompei , car il porte les traces de raccords passablement gros-siers et qui jurent avec l’ensemble.
Les deux mosaiques de Dioscoride de Samos , decouvertes au memelieu, quoique beaucoup moins importantes, figurent parmi les plusbeaux morceaux de l’antiquite en ce genre. Dans l’une, on voit quatrepersonnages, deux hommes, une jeune femme et un enfant, executantun quatuor bizarre : les deux hommes jouent en dansant, Fun dutympanum, Fautre des cymbales; tandis que la femme joue de ladouble flute et que le petit bonhomme fait mine de vouloir souffler dansune espece de cornet.
LA MOSAidüE DE GRAND (VOSGES ). — L’Academie des inscrip-tions et belles-Iettres etait informee par son secretaire perpetuel, danssa seance du 21 juin 1883, de la decouverte que venait de faire M. FelixVoulot, a Grand (Yosges), de ruines romaines du plus grand interet,et specialement d'une immense mosaique mesurant 18 m ,42 dans saplus grande longueur, ce qui laisse bien loin, quant aux dimensions,la fameuse Bataille d’Issus. Le milieu du tableau est seulbien conserve,protege qu’il etait sans doute par des materiaux formant rempart au-dessus; le reste, c’est-a-dire les bords, est enpartie use par le frottement.
Aux quatre coins sont dessines des animaux allegoriques , aucentre des personnages; entre autres : un berger ayant sur la figureun masque de chien ; la .houlette et la cornemuse en main, il sembleimplorer un autre personnage qui a une tete de lion. Le tout est entoured’arabesques et de dessins geometriques d’une richesse et d’une com-plication qui defient toute description, au temoignage de l’honorableM. Bertrand.