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Tome premier.
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LA MOSAiQUE .

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Nous pourrions en citer bien d’autres, conservees dans les vieillesbasiliques et ailleurs; mais le choix serait difficile et la liste troplongue.

LES MOSAIGWES MODERNES. — L’art de la mosai'que, qui ne s’estjamais franchement acclimate en France , malgre quelques tentativesisolees, s’est conserve en Italie , dans un etat plus ou moins florissant,ä travers les siecles. Dans les dernieres anneesdu moyen age, ladeca-dence etait ä peu pres complete; mais la Renaissance y mit ordre, etRome, Yenise et Florence sont encore aujourd’Rui les centres de pro-duction principaux de ces ceuvres d’art presque indestructibles,toujours executees avec les memes materiaux, c’est-ä-dire le verre, lemarbre et la pierre; ce qui justifie une Classification dont nous devonstenir compte, quoique nous la jugions quelque peu arbitraire, et quidistingue la mosaique venitienne, lamosaique florentine et la mosaiqueromaine.

La mosaique dite venitienne est executee avec des cubes de verrecolores dans la pate, reunis de maniere ä former des groupes de fleursou de fruits, des trophees, des portraits, des scenes variees.Le tableauacheve, on couvre la surface d’une glaqure vitreuse transparente qui,uniformement etendue par la cuisson, consolide le travail et rend letableau inalterable. Mais on fait aussi de la mosaique' de marbre äYenise. Ilya quelques annees, un maitre mosaiste venitien executait,sur la demande du comte Gourieff, un dessus de table en mosaique demarbre representant une tete de Meduse au milieu, entouree des tetesnon moins ebouriffees de quatre animaux feroces, le tout agrementeou accompagne d’ornements dans le style pompeien d’une executionparfaite, tant comme composition que comme dessin et couleurs. Jeparle ici d’un fait qui m’estparticulierement connu; mais il y a d’autresmosaistes que M. Podio, ä Yenise, qui travaillent le marbre — et quine font meme pas difficulte d’aborder la figure humaine.

La mosaique romaine fait usage de cubes tres petits et irreguliersqui lui permettent d’obtenir des demi-teintes, des degradations detons (1) qu’on ne peut avoir evidemment avec les cubes reguliers etplus gros de la mosaique venitienne, et encore moins avec les cubes demarbre et de pierre de la mosaique florentine, appliquee principalementä la reproduction de « natures mortes. » La basilique de Saint-Pierre

(1) Au temoignage de Goethe , les mosaistes romains etaient en posscssion, de son tempsdejä, de 15,000 Varietes de couleurs et de 75,000 nuances diverses.