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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

Ge n’est pas ici le lieu de decrire les moyens employes pour lacapture de la tortue de mer : c’est un soin que nous avons prisailleurs (1). Quant ä la recolte des ecailles, on y procede tout simple-ment en presentant ä un feu vif la face exterieure de la carapace;les ecailles se redressent alors sous l’action du feu et se detachentaisement. L’ecaille brüte ainsi obtenue presente des inegalites et descourbures qu’il importe de redresser.-On y parvient sans difficulte enles plongeant d’abord dans l’eau bouillante, puis en les comprimantentre des plaques de metal bien dressees et chauffees ä une tempe-rature ä peu pres egale ä celle de l’eau bouillante. On les laisserefroidir sous pression, puis on les retire redressees et ramenees a uneepaisseur uniforme. On acheve de les dresser au moyen du grattoirou fer a dents et du rabot, et les voilä pretes a etre mises en ceuvre.

Soudure de l’öcaille. — Mais il arrive que les ecailles sont dedimensions trop exigues pour l’objet auquel elles sont destinees : dansce cas, il n’y a qu’une chose a faire, qui est d’en souder deux l’unea l’autre, et rien n’est plus facile. On taille en biseau, au moyen dela lime et du racloir, les bords de chacune des deux ecailles a souder ;on les plonge ensuite dans l’eau bouillante pour les amollir, en ayantsoin de faire usage d’eau bien propre, autrement 1’Operation man-querait; puis on les retire, et on rapproche les deux faces biseautees,en les comprimant entre deux plaques metalliques mediocrementchauffees. On laisse refroidir ainsi, et le but est facilement atteint.— G’est un procede egalement applicable ä la corne.

Moulage. — On travaille beaucoup l’ecaille par moulage. Pourcela, on commencetoujours par la ramollir dans l’eau bouillante; puison la place dans un moule en cuivre chauffe, en deux coquilles, quel’on met sous presse, et Ton replonge le' tout (car la presse n’a rien degigantesque) dans la meme eau. Apres en avoir retire tout l’appareilet quand le refroidissement parait complet, on degage le moule de lapresse et on le plonge dans l’eau fraiche oü on le laisse quelque tempsavant de le repecher et del’ouvrir pourretirer l’ecaille, qui apris alorsla forme desiree et une fermete süffisante.

Les rapures et les rognures de toute provenance sont recueilliesavec soin et soumises egalement ä l’operation du moulage dont nousvenons d’etablir les principes, et qui rend en echange des massessolides et compactes d’ecaiile fondue. Tousles ouvriers qui emploientl’ecaille ont soin d’en recueillir ainsi les moindres fragments ; les tour-

(1) Les Merveilles de llOcian. 2° partie, ch. vm. (Paris 1883. Degorce-Cadot, editcur.)