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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES

blanc de I’oeuf de la plante, si l’on peut dire ; il est facile de s’assurerdu fait en arrachant de jeunes sujets ayant perce le sol depuis peu.

La grame de phytelephas, qui atteint rarement un diametre de0 m ,05, ne peut etre employee qu’a la fabrication de petits objets detabletterie ; toutefois, en en joignant bout a bout plusieurs et en ayantsoin de dissimuler Ie joint entre deux moulures, un habile tourneurreussit ä executer des objets assez grands et a tromper meme un oeilexeree. On en fait egalement des fourneaux de pipes, des pommes deCannes , de petites boites, des boutons, etc.

M. Charles Wiener, notre consul a Guayaquil , qui a explore Iescontrees habitees par cette plante curieuse et plus utile encore, adres-sait au commencement de 1882, a la Societe de geographie commer-ciale de Paris , des renseignements interessants sur la maniere donton utilise ä l’etranger et sur celle dont on pourrait utiliser en France cette precieuse graine.

« L’ivoire vegetal ( coroso ), dit M. Wiener, est fort abondant dansles regions que j’ai parcourues et dans celle que j’habite actuellement.Le fruit du palmier qui produit cette precieuse matiere (Phytelephaswiacrocarpa) ne ressemble en aucune facon a la noix du Bresil , commel’ont ecrit plusieurs auteurs. La meilleure comparaison que je pour-rais trouver pour le definir est encore celle qui assimilerait l’aspectde ce fruit a celui de tres petites pommes de terre d’Europe . L’ivoirevegetal forme des boules plus ou moins informes et irregulieres de3 ou 4 centimetres de diametre, et je n’en ai jamais vu atteignant lagrossem d’une orange, ainsi que cela a ete dit. Je sais pourtant quele coroso d’Asie atteint des diametres de 6 et meme de 7 centimetres.

» Les tres petites dimensions du coroso americain font qu’on letravaille rarement au tour. De plus, tous ces fruits contiennent ce qu’onappelle, en termes d’atelier, des vents, c’est-a-dire des Solutions decontinuite dans la masse.

» J’ai vu tailler neanmoins les noix pour en faire fabriquer deminuscules statuettes de saint par les artistes ( curiosos ) de Quito ; maisles petites dimensions du fruit, autant que les creux qui se trouvent al’interieur, sont extremement defavorables a toute production sculptu-rale. Aussi ne le travaille-t-on guere ainsi. On s’en sert surtout avecdifferentes additions de glucose et en le faisant passer de mastic enmastic. Ce n’est ni au tour ni au ciseau qu’on le traite; c’est dans desmoules qu’on lui donne les formes voulues. Actuellement, en Europe ,on en fait ainsi des pommes de canne, des peignes pour femmes etsurtout des boutons. (Ces derniers se fabriquent seuls au tour.)