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Tome premier.
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MATIERES DIVERSES.

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» Gependant, il me semble que l’ivoire vegetal n’a pas encorerecu l’application qui, ä ma facon de voir, est tout indiquee et qui luiassurera une tres grande consommation.

» On pourrait employer la pate, actuellement encore chere, pourla reproduction d’ceuvres sculpturales, en usant du procede qu’on ap-plique pour les betons agglomeres. Gomme la masse est tres resistante,une couche d’un centimetre serait süffisante pour faire des statues degrandeur naturelle, et, dans ces conditions, la matiere premiere neconstituerait pas une forte depense, vu que, dans 1’Amazone, l’hecto-litre se vend a raison de 9 francs.

» De cette fagon, en comptant le dechet, le coroso pour une Venusde Medicis, par exemple, reviendrait ä 5 francs environ. Or, cettepate, qui a absolument les teintes chaudes de l’ivoire, l’eclat et latransparence discrete de cette matiere precieuse, permettrait d’etablirä peu de frais des reproductions parfaites de nos chefs-d’oeuvre enivoire vegetal. Des statues qui, en plätre Stearine , ne donnent qu’unefaible idee du modele, des details et des finesses d’expression, produi-raient un effet merveilleux et pourraient remplacer le marbre authen-tique dont elles seraient la representation fidele.

» II se trouvera, je n’en doute pas, dans la pleiade d’esprits dis-tingues qui peuplent Paris , des artistes entreprenants qui pourront,d’apres ces indications, faire des essais peu coüteux, qui donnerontles resultats les plus satisfaisants.

» Permettez-moi de vous donner une autre indication relative äFemploi indnstriel de l’ivoire vegetal, connu dans l’Equateur sous lenom de tagna, et dans le Haut-Amazone sous celui de yarina.

» Vous savez que ce produit est tres oleagineux. Je m’en suisservi pendant mon voyage, a plusieurs reprises, comme combustible.J’ai pu constater que, melange au charbon, il produit une chaleurextremement intense.

» En Autriche , on a reduit, a ce que m’ont dit plusieurs nego-ciants francais etablis ä Guayaquil , l’ivoire vegetal en poudre et onl’a melange avec de la cire, obtenant ainsi un produit d’une admirableblancheur, brülant parfaitement avec une vive lumiere, et particulie-ment bon pour les pays cbauds, car cette cire ne s’amollit pas sousrinfluence de l’atmosphere äquatoriale.

» Les fabriques autrichiennes vendent cet article ä raison de deuxfrancs le kilogramme, et je dois dire que les cires frangaises, qui man-quent de cette addition d’ivoire 1 vegetal, ne sauraient rivaliser avec lespremieres.