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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

rent l’exemple de Ia Compagnie americaine et installerent une usineä Stains, pres de Paris .

» Pour fabriquer le celluloid, on emploie du papier a texture fine,du papier ä cigarettes, par exemple. Ge papier, par un procede meca-nique, se deroule d’une facon continue, pendant qu’il regoit un jet deliquide qui se compose de 5 pour 100 d’acide sulfurique et de 2 pour100 d’acide azotique. Ce melange de deux acides energiques attaquantle papier (qui n’est autre chose que de la Cellulose), le transforme enune pate molle ayant l’aspect du papier mache.

» Cette pate, d’abord pressee, puis lavee ä grande eau pour en-lever les dernieres traces d’acide qu’elle contient, est egouttee, secheea l’essoreuse, et mise dans un moulin pour y etre broyee. On lamelange ensuite intimement avec du camphre, et eile est repasseesous. des meules, pour etre ensuite comprimee fortement sous unepresse hydraulique, entre des feuilles de papier buvard. Quand eileest completement seche, on la coupe, on la broie; puis enfin, apresavoir ete laminee, eile est recomprimee dans des appareils speciaux,chaufles a une certaine temperature.

» Par le moulage, eile peut acquerir toutes les formes possibles ;on peut la rendre aussi dure que le marbre, sans lui oter son elasti-cite; incassable, eile peut etre entamee par un canif aussi facilementqu’un morceau de cire. Quant a sa couleur, eile depend simplementsoit d’oxydes metalliques, soit de couleurs vegetales ou d’aniline quel’on melange ä sa masse.

» Le celluloid est inflammable et brüle avec une flamme longue,en repandant une epaisse fumee et une odeur de camphre. Insolubledans l’eau, il est soluble dans l’acide sulfurique et il fond entre 120 et125 degres centigrades.

» Voila en quelques lignes l’historique et les moyens employespour fabriquer ce corps nouveau qui, de jour en jour perfectionne,arrivera sans aucun doute a imiter certaines substances assez exacte-ment, pour qu’il soit impossible ä premiere vue d’etablir une diffe-rence. »

11 y est, ma foi, parvenu, du moins quant a l’ivoire, ä l’ecaille,a la corne, etc., et l’on en f'ait des peignes, des pommes de canne, desbijoux de toute sorte et de toute couleur, des billes de billard (1); —

(i) Il y a dans le commerce jusqu’ä des cols et des manchettes inusables en celluloid, imi-tant parfaitement le linge; les feuilles de celluloid, etant comprimees entre des pi&ces d’etoffe detoile ou de coton, le grain de l’etoffe s’y imprime et produit une illusion compIMe. On mele dal’huile grasse au celluloid pour lui donner plus de souplesse, quand on le destine ä cet usage.