L’ECUME DE MER.
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Ges caisses ont 0 m ,75 de longueur sur 0 m ,20 de largeur et 0 m ,38 deprofondeur et pesent de 40 a 45 kilogrammes. Le prix de la caissed’ecume premiere qualite, prise a Eski-Scheher, a varie depuis 1873de 150 a 250 francs (eile valait 150 francs en 1882). Les dechets etpetits morceaux valent le huitieme de ce prix. II y a dix qualites,subdivisees chacune en quatre sortes, basees sur le volume des pierres;ainsi la premiere grosseur remplit une caisse avec 25 a 40 morceaux,tandis qu’il en faut de-450 ä 1,500 de la quatrieme pour obtenir lememe resultat. — En 1855, Eski-Scheher exportait 3,000 caisses demorceaux d’ecume de mer; en 1881, cette exportation s’est elevee auchiffre imposant de 11,100 caisses, a destination de France, d’Autriche ,d’Allemagne et meme d’Angleterre. Le gouvernement ottoman preleveun droit de 25 pour 100 sur le produit des carrieres de magnesitesituees sur son territoire.
LES PIPES D’ECUME DE MER. — L’ecume de mer n’est guere em-ployee qu’ä la fabrication des pipes. Mais c’est une matiere legere,poreuse, tres friable, qu’il serait impossible de travailler dans l’etafc denature. Bouillie dans le lait, on en forme une pate que l’on petrit avecde la cire vierge et de l’huile de lin, et l’on a alors une matiere plusmaniable, dans laquelle le tourneur et le sculpteur ont de quoi exercerleur habilite. On commence par mouiller le bloc d’ecume; puis ondebite dedans, au moyen d’une scie fine, le fourneau et son bout detuyau, qu’on ebauche ä la rape et qu’on monte ensuite sur le tourpour l’arrondir, creuser le fourneau et percer le tuyau, par des pro-cedes communs a tous les ouvrages executes sur le tour, et notammentaux ouvrages d’ivoire, de corne, d’ecaille, etc., procedes que nousetudierons bientot avec le plus grand soin. (Le sculpteur a fait sonceuvre, quand il y a lieu, avant que la pipe soit creusee et percee.)Gela fait, la pipe d’ecume est grattee et poncee a la prele, puis poliesuccessivement ä la cire vierge et au blanc de baieine, frottee de pierreponce calcinee en poudre fine et, enfin, au suif mele de chaux. Lebout d’ambre indispensable, taille et perce a part, est alors rapprochedu bout d’ecume, auquel il est reuni par un petit cylindre d’ivoire oude bois dur, visse des deux bouts dans l’ecume et dans l’ambre, a uneprofondeur süffisante pour assurer au tuyau la solidite necessaire.
Ges diverses phases de la fabrication de la pipe d’ecume n’ontplus, d’ailleurs, de mystere pour le public. A Paris , plusieurs fabri-cants ont eu l’idee ingenieuse d’etablir leurs ateliers derriere desglaces eontre lesquelles tous les passants appliquent le bout de leur