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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

donc prudent d’en finir toiit de suite, ou nous pourrions etre arrete achaque pas par cet obstacle sans cesse renaissant, force d’expliquerpar quelle serie d’aventures incroyables et de xnerveilleuses transfor-mations est passe ce manche a balai — je suppose, — avant d’arriverä l’etat de perfection oü vous le voyez, et de recommencer sempiter-nellement la meine chanson sur un nouvel air.

G’est que l’art du tourneur non seulement compte autant despecialites qu’il existe d’industries completes, je veux dire produisantune oeuvre definitive, mais produit lui-meme, sans le secours d’aucuneindustrie etrangere, un grand nombre d’articles manufactures. Decombien d’objets divers la tabletterie, l’article de Paris , l’optique, laquincaillerie, la marqueterie, etc., ne lui sont-ils pas redevables? 11fabrique egalement seul quelques menus meubles et appareils divers,tels que metiers a broder, devidoirs, seehoirs, rouets ä filer, siegespliants, casiers a musique, objets d’etalage pour les magasins demercerie et de modes, ornements d’appartement, etc., etc. Enfin, n’ou-blions pas que tout lui est bon; qu’il emprunte aux trois regnes,animal, vegetal et mineral, la matiere premiere qu’il met en oeuvre,et qu’au besoin il les combine ensemble pour se creer de nouvellesressources, comme si la nature etait impuissante a satisfaire son insa-tiable avidite, dont notre chapitre sur les Matieres premieres a pudonner une idee assez complete. Toutefois, on n’admet courammentque deux grandes divisions parmi les tourneurs : ceux qui travaillentle bois et les matieres diverses qui l’accompagnent frequemment, etceux qui travaillent exclusivement les metaux et sont un peu forgeronsa l’occasion. Ges derniers sont quelquefois aussi mecaniciens, car onn’execute pas certaines pieces de precision sans des notions de meca-nique et de dessin industriel; et, quoique ils n’aient pas toujours mis-sion de mettre en place les pieces destinees aux machines perfectionneessorties de leurs mains, encore faut-il qu’ils puissent se rendre comptedu montage et de l’ajustage pour bien executer ces pieces. Mais c’estsurtout l’industrie du tourneur sur bois que l’on considere comme uneindustrie distincte et independante, et qui l’est en effet.

LE TOURNEUR SUR BOIS. —II n’est pas de petite ville ou de bourgun peu considerable qui ne possede au moins un tourneur sur bois. —Gertes, l’humble artisan ne saurait rivaliser avec ses orgueilleux con-freres des grands centres ; jamais ses productions, exposees a nu auxregards du passant, n’ont frappe celui-ci d’une admiration extatique :ce sont des chaises grossieres, taillees dans le bois d’aune ou de frene