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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

faites au tour, dont se compose ce petit instrument, et de la varietedes matieres employees.

Le tourneur, ou pidceur, en terme du metier, est necessairementdouble d’un monteur ou ajusteur; mais la partie de travail qui luiincombe entraine la necessite de se livrer ä des exercices dont letour est absolument innocent, notamment la soudure au sei ammo-niac et au fourneau, de quelques parties, tournees isolement, deces pieces. De ce dernier travail au montage , il n’y a qu’un pas; äteiles enseignes, que la plupart des bons monteurs de pieces d’optiquesont d’anciens tourneurs.

Gette branche de l’art du tour est interessante et lucrative ; toute-fois, le principe de la division du travail y est fort respecte, et c’estpar cents qu’on y faconne bonnettes, barillet, culs-de-lampe et autrespieces ; au point de vue de l’art seul, l’ebenisterie et l’antique ontdonc certainement le pas sur l’optique.

II serait difficile de parier du tourneur sur metaux au meine pointde vue que nous venons de le faire du tourneur en bois, et ce n’estpas ici le lieu de decrire ses procedes de travail; mais c’est peut-etrecelui de dire ce que nous savons des origines du tour, tout en regret-tant que ce soit si peu de chose.

KISTORIQUE. — L’origine du tour se perd si completement dans lanuit des temps qu’il n’y a pas moyen de l’y retrouver. Diodore deSicile, qui ecrivait au temps de Jules Cesar et d’Auguste , en attribuel’uivention a Dedale ou a son neveu Talus. Pline en fait honneur adbidias ou ä Theodore de Samos ; il mentionne un certain Thericles,de cette ville celebre par ses poteries, qui s’etait fait une grande repu-tation d’habilete sur le tour. Virgile , dans ses Eglogues , parle d’unInstrument ä pointe aigue, monte sur le tour, pour graver; divers autresdcrivains Iatins et grecs parlent du tour, mais de quel tour? Pas unmot qui puisse nous apprendre si le bois ou les metaux etaient soumisl’action de cet outil; le nom seul de Samos rappelle le tour du potier ;d'autre part, l’instrument dont parle Virgile servait vraisemblablementgraver le verre et les pierres precieuses : dans ce cas, les Romainsconnaissaient donc le tour du graveur, et .par consequent quelquechose de mieux dejä que le tour a pointes et ä arc, un tour circu-laire a action continue, le tour en l’air, en un mot; et une foule deraisons, quoique vagues, ne nous permettent pas de croire qu’ils1’avaient invente.

Voila tout ce que nous savons, de compte fait, de l’histoire du