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Tome premier.
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L’ART Dü TOUR.

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et les plus rich.es, que l’experience acquise par une etude serieuse etprolongee permet seule de travailler avec la perfection requise. Lebois de rose, Facajou, le santal, le g aiac, le citronnier, l’ebene, lepalissandre, le palmier, la marqueterie massive, etc., etc., ne se tra-vaillent pas Tun comme l’autre, et aucun de ces bois precieux ne souf-frirait l’attouchement sacrilege d’un fabricant de colonnes d’etageresa la grosse, sans eclater d’indignation. L’ouvrier soucieux de la formea l’esprit constamment en travail : c’est un dessin nouveau dont ilprofile le modele ; un outil qu’il invente et qui doit accuser, avec unevigueur, une nettete encore inconnues, le relief d’une moulure. Ici,l’ouvrier peut donner a la perfection de son oeuvre le temps necessaire,jusqu’a la limite extreme oü rapplication deviendrait paresse, inca-pacite, lourdeur d’esprit, — a moins qu’elle n’ait jamais ete autrechose.

L’ANTIQUE. — Une autre branche egalement interessante et lucra-tive de l’art du tour, c’est la partie du meuble antique. Le tourneurqui s’y voue n’a pas une grande variete de matieres a sa disposition :le meuble antique est fabrique presque exclusivement de chene. Maistout ce que fait le tourneur d’ebenisterie de luxe en vingt sortes debois, la plupart exotiques, il le fait, lui, en chene, dans des propor-tions plus massives, mais non moins soignees : ce qui n’a pas toujoursete le cas, j’en conviens.

Plusieurs autres specialites de hart du tourneur en bois, sansparier de l’ivoirerie, sont loin d’etre depourvues d’interet; mais nousne saurions passer a l’etude de chacune en particulier le temps qu’unepareille entreprise exigerait, car nous avons hate d’arriver a la des-cription des procedes de travail, objet principal de cet ouvrage, etqui ne saurait etre longtemps retardee que pour des motifs serieux.

L’OPTIQUE. — 11 nous reste, toutefois, a parier d’une brancheimportante de la profession qui nous occupe, peu connue en dehors deceux qui l’exereent : la-fabrication des instruments d’optique usuels.

Dans cette specialite, l’ouvrier tourneur faconne rarement le bois,excepte pour les corps de lunettes d’approche, astronomiques ou ter-restres. Ses materiaux habituels sont l’ecaille, le büffle, la corne, lapoudre (compose fondu de dechets de corne et de büffle), l’ivoire etdivers metaux, principalement le cuivre, a l’etat de fonte, en plancbesou en tubes. — On n’a qu’a demonter une jumelle de spectacle ordi-naire pour se rendre compte de la quantite dejpieces, evidemment