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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES

Possible; mais le mobilier des anciens Grecs, si rudimentaire qu’ilfüt, etait beaucoup plus varie. Notre auteur, en eff et, poursuit sonexploration; il partage le repas de son höte, passe de la salle a mangerau grand salon de reception, et il termine ainsi sa description : « Lepremier regard que vous jetez sur le salon suffit pour vous convaincreque, dans les climats chauds tout au moins, les meubles ne sont qu’unmythe. » Quelques auteurs ont pense que les peuples sedentairesavaient plus fait pour le developpement du mobilier que les nomades;c’est une erreur, comme on voit, et si l’on se rappelle que les Huns,dans leurs expeditions, se faisaient suivre de chariots charges dumobilier de la famille et de la famille elle-meme, cette erreur paraitraplus evidente encore.

LES MEUBLES DANS L’ANTIQUITE CLASSIQUE. — Gependant, ce nepeut etre que chez les peuples adonnes aux arts mecaniques et etablisä demeure dans des villages et des cites que la fabrication des meublesa realise ses premiers progres importants. Les Egyptiens, qui passentpour les inventeurs du lit, eurent de bonne heure des lits de bambou,tendus de nattes tressees avec la meme substance. Les personnagesriches ne tarderent pas ä s’en construire en bois de cedre sculpte,grave ou peint, sans parier des lits creuses dans la pierre et doublesde bois precieux, capitonnes, rembourres, etc. Ils eurent ensuite dessieges de meme style que les lits ; d’autres avec des pieds et des mon-tants en bois tourne et orne de peintures eclatantes; puis vinrent lescoffres, les coffrets — sans compter les cercueils, — les brüle-parfums,les tables de toutes formes, en marbre et en metal aussi bien qu’enbois, ä pieds tournes, decoupes en forme de volute, sculptes, etc.

L’ameublement des Grecs. — Les heros d’Homere s’asseyaient,pour prendre leurs repas, sur des bancs de bois grossiers, a des tablesnon moins grossieres; leurs lits, quand ils ne couchaient pas sur desimples nattes, n’etaientpas beaucoup plus confortables ni plus luxueux.Le lit de Penelope, oeuvre d’Ulysse lui-meme, avait ete construit « äl’aide de l’equerre et du compas » (et aussi de quelques autres outils,sans doute), dans le tronc d’un olivier que l’illustre roi d’lthaque s’etaitbien garde d’arracher du sol et auquel il avait laisse « ses profondesracines. » — Ge tronc d’olivier devait etre d’assez belle venue, pour ledire en passant.

Longtemps encore les Grecs, les Cretois et les Spartiates surtout,n’eurent d’autres lits que des nattes de paille jetees sur le sol, etd’autres sieges que des bancs; et le mobilier des premiers Romains