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Tome premier.
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EBENISTERIE . — COUP D’CEIL HISTORIQUE.

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sortes de petits lits sans pretention, n’exigeant ni escabeau ni tabouretpour y monter et de formes plus simples que les autres, tous meublesd’apparat. Une peinture decouverte a Pompei presente un modele delectulus qui est exactement celui d’un petit lit en bois peint, pour unepersonne, de la fagon en faveur au commencement de ce siede. Lelectus, tres bas au commencement de son adoption a Rome , avait aucontraire grandi demesurement. « Les anciens lits, dit ä ce proposAnthony Rieh, etaient d’une hauteur considerable; on avait besoinpour y monter d’un tabouret ( scamnum ) ou d’un petit escalier de quel-ques marches ( gradus ). Ils etaient faits comme ceux de nos sofas quiont les plus grandes dimensions, avec un montant derriere la tete(i maclinterium ), quelquefois un autre aux pieds et un dossier eleve(pluteus ) sur l’un des cötes du lit, tandis que celui par oü y penetraientceux qui devaient l’occuper etait completement ouvert (sponda). Dessangles {fascice, restes, insiitce) passees dans le bois de la couchettesupportaient un epais sommier ( torus, culcita) sur lequel etaient placesun traversin et un oreiller ( cubital, cervical) (1). »

Sous la republique, la table a manger etait carree, et les litsdes convives dresses sur trois de ses cötes : ce qui constituait le tri-clinium; mais, sous l’empire, l’ebenisterie romaine imagina les tablesrondes, et, pour completer la revolution, des lits d’une grande etendue,en forme de fer a cheval, embrassant les deux tiers de la circon-ference de la table. Dans les deux cas, une face de la table etaitlaissee libre pour le Service des domestiques. Des lors, il y eut destables de toutes les sortes imaginables de modeles, ä un, trois, quatrepieds et plus; des credences; des placards; des armoires, buffets,bibliotheques mobiles ou fixes contre le mur, divises interieurementen rayons et fermes par des portes comme de nos jours; des coffres,coffrets et boites d’une infinie variete et decores avec le plus grandluxe, — comme cette pyxis (2) enrichie de pierres precieuses danslaquelle Neron enferma sa barbe rasee pour la premiere fois, dont ilfit present au temple de Venus Genitrix (Suetone ).

A tout prendre, cependant, le mobilier des Romains les plusopulents ne ferait pas l’affaire d’un simple petit bourgeois de la France moderne.

<c A voir le luxe qu’ils deployaient, dit M. Maurice Pellisson, on

(1) DicUonnaire des Antiquites romaines et grecques, par Anthony Rioli. Ti’ad. par M. Cheruel.(Firmin Didot .)

(I) Comme son nom l'indique, la pyxis etait, dans l’origine, une modeste cassette en buis;le nom lui fut conserve, mime quand on la fit d’un metal precieux.