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LES AKTS ET METIERS 1LLUSTRES.
Gomme ce n’estpas ici le lieu de philosopher, apres tout, le mieuxest de poursuivre, le plus rapidement possible, la revue des progresde l’ameublement et de l’art d’en construire les pieces diverses ätravers l’histoire generale, tout en regrettant de ne pouvoir apporterä cette etude tout le soin et Fabondance de details qu’elle comporterait,si nous n’avions necessairement pour principal objectif le cote pratiquedes arts dont nous avons entrepris la description. Gette considerationnous forcera a franchir, pour ainsi dire presque sans relais, l’espacequi nous separe maintenant de Fepoque oü nous vivons et dont lesprocedes de travail nous sont bien connus.
LES MEUBLES AU MO YEN AGE. — Les meubles de la cour de Romeenvoyes dans les Gaules par Caligula ne paraissent pas y avoir fait unlong sejour; en tout cas n’y furent-ils d’aucun effet sur les progres dela fabrication des meubles. Les chefs de tribu, les rois, qui menaientla vie des camps, n’avaient que faire de meubles somptueux : un litgrossier, des tables et des bancs de bois brut, des coffres de memestyle, voila qui leur suffisait. Plus tard, quand la tente eut fait placeau chäteau fort et que le chef fut devenu prince feodal, la necessited’un ameublement approprie s’imposa. Alors parurent les bahuts, lescredences et, outre les bancs et les escabeaux, la chaise ou charrierea roulettes, le faudesteuil du seigneur, des tables et des lits de pro-portions monumentales, comme le reste, d’ailleurs, et comme lademeure p rindere elle-meme.
MENUISERIE ET CHARPENTERIE. — Au moven age, l’art de tra-vailler le bois ne comportait que deux grandes divisions : la charpen-terie , ou travail de grosses pieces pour la construction des batiments,et la menuiserie, ou travail du bois nienu quelle que soit sa desti-nation. Les essences employees, tant pour la charpente que pour laconfection des boiseries interieures et des meubles, se reduisaient auchene, au noyer et au chataignier; encore ne possede-t-on que peu despecimens de meubles de noyer et pas du tout de chataignier : de tresvieilles boiseries d’eglise prises, au premier aspect, pour chataignier,furent, en fin de compte, reconnues pour etre en chene. A la veriteon a peu de meubles anterieurs au xiv e siede; ils sont ornes de sculp-tures, de peintures et de ferrures habilement ciselees, gravees etrepoussees, et marquent evidemment l’aurore d’une ere de progresconsiderables.
Deja le menuisier qui, au commencement, faisait tout le meuble