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et l’ornait de moulures saillantes ou creuses tres rudimentaires, s’estadjoint le peintre, l’imagier et le ferronnier, auxquels il prepare labesogne. Pour le peintre, notamment, il dresse et polit avec le plusgrand soin le panneau de chene ä decorer, sur lequel il etend et fixeune feuille de parchemin qu’il frotte ensuite de platre finement pul-verise, ou bien qu’il enduit d’une composition de fromage et de chaux.G’est la-dessus que l’artiste etendra sa peinture ä la cire ou executerades rehauts d’or ä la gomme ou a l’oeuf battu.
La sculpture se repand de plus en plus, epurant son style. Enfinles petits meubles commencent a paraitre, en meine temps que lesgrands diminuent leurs proportions pretentieuses; un art nouveau sefait jour, celui des öcriniers, ou fabricants de coffrets et autres petitsmeubles semblables destines ä renfermer les objets precieux, lesetoffes, les bijoux; la tabletterie s’affirme longtemps avant l’ebenis-terie, car 1’ebene, connue des anciens, a ete completement perdue deyue depuis des siecles, meme en Italie .
ORIGINE DE L'EBENISTERIE. LA RENAISSANCE. — Les rapports etablisavec 1’Orient, au xm e et au xiv 6 siede, par le canal detourne et peupratique des Groisades, eurent une grande influence sur le progresdes arts industriels en Europe , et en particulier de la fabrication desmeubles et de tous les objets qui s’y rattachent. Les meubles prirentdes formes de plus en plus elegantes et legeres; ils furent non seu-lement ornes de sculptures et de peintures, mais decoupes a jour,incrustes de matieres precieuses empruntees a tous les regnes, couvertsde coussins, de riches etoffes, de tapisseries, de broderies et de ten-tures luxueuses. Quelques pieces nouvelles apparurent, les autres setransformerent heureusement. D’autre part, Yenise, en relations plusdirectes et plus constantes avec l’Orient que le reste de l’Europe , parson commerce, et plus au courant des moeurs et des ressources del’extreme Orient meme, depuis la publication du Livre de MarcoPolo, —Yenise importait non seulement des objets du Levant con-struits en bois precieux et richement ornes, capables de servir demodeles ou d’inspirer des artistes europeens, mais aussi les bois dontces objets etaient fabriques, remarquables par la beaute de leursteintes, la durete, la finesse du grain facilitant un poli magnifique, etl’odeur balsamique qu’exhalent la plupart d’entre eux. G’est par cettevoie que nous arrivent l’ebene, le bois de Rhodes, le santal, etc.
Alors, la mgrqueterie prit un essor inattendu, gräce au talent etä l’esprit investigateur de Jean de Verone, qui ne se contenta pas de