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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
non classees pour la plupart, et que l’industrie ne connait pas enconsequence. En ce temps-ci, oü la politique francaise se fait coloni-satrice et commerciale, voilä une question qui meriterait, je crois,d’etre etudiee. Comment les bois precieux nouveaux sont-ils entresdans l’industrie? L’histoire de l’acajou est lä pour nous l’apprendre.
ACAJOU. — La premiere mention historique du bois d’acajou setrouve dans la relation de l’expedition de sir Walter Raleigh a larecherche de l’Eldorado, en 1595. Ses vaisseaux, a l’ancre dans leport de la Trinidad, avaient besoin de reparations, et ce fut l’acajouqu’on y emplova. Mais des preoccupations autrement serieuses que ladecouverte d’un bois nouveau, propre ä l’ebenisterie ou a la construc-tion, absorbaient les navigateurs anglais : ils touchaient aux pays del’or!... On perdit donc bientot jusqu’au souvenir de cette reneontrefortuite, et pres d’un siede et demi s’ecoula avant qu’on renouvelatconnaissance avec l’acajou.
C’etait en 1724. Un certain capitaine Gibbons, de retour des Indesoccidentales, avait rapporte, pour lui servir de lest, quelques madrierset billes d’acajou dont il fit present ä son frere, medecin ä Londres et activement occupe pour le quart d’heure ä se faire construire unemaison dans Govent-Garden. Le docteur Gibbons trouva bonne appa-rence ä ce bois et le remit en consequence aux charpentiers, avecmission d’en tirer le meilleur parti possible; mais ceux-ci, apres quel-ques tentatives funestes al’affüt de leurs outils, ne voulurent plus enentendre parier. Le docteur, tres entete, ne pouvant les faire revenirsur cette determination, se rabattit sur son ebeniste; lequel, tout enProtestant avec energie, finit par en confectionner une boite ä chan-delles. Cette caisse achevee et polie, il se trouva qu’elle surpassait eneclat les plus belles pieces de l’ameublement du docteur. L’ebeniste,tres satisfait lui-meme du resultat, consentit sans beaucoup de peineä recommencer l’epreuve. 11 s’agissait cette fois d’un bureau, qui fut.une fois termine, expose ä l’admiration des amis du medecin. Lesucces de ce meuble, ou plutöt du bois d’acajou dont il etait fait, futsi grand, que Sa Gräce la ducbesse de Buckingham voulut avoir unmeuble exactement semblable, dont l’ebeniste dut entreprendre l’exe-cution toute affaire cessante.
Des lors, la fortune de l’acajou fut assuree — et celle de l’ebenisteWollaston aussi; et l’on peut bien dire que ce n’est leur faute ni äTun ni a l’autre.
L’acajou vrai, ou mahogany de Yan Swieten (s wietenia maho-