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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
Les peignes de corne se font partout, aujourd’hui, ä l’aide de ma-chines plus expeditives, imitees toutefois de celle de Lynn, applica-bles aux sortes les plus communes et dans lesquelles la plaque decorne, posee sur une table, est portee sous la machine automatique-ment; celle-ci s’en empare et la divise d’un seul coup en deux peignes,ayant leurs dents decoupees par des lames fines agissant a la fois, etcomme des lames de ciseaux. Pas de traits de scie, rien de perdu pärconsequent : la matiere convertie en sciure par l’ancien procede sertaujourd’hui ä faire les dents du second peigne ; de sorte que, par l’em-ploi de cette machine, on tire deux peignes d’un morceau de corne apeine plus gros que celui dont on n’en tirait qu’un seul auparavant.Par suite, tandis que l’ouvrier, en ce temps-lä, arrivait ä tailler unecentaine de peignes parjour, il suffit aujourd’hui d’un homme aided’un enfant pour en faire deux mille, au moins, dans le meme temps.— Seulement, je m’imagine que la qualite se ressent un peu de cetteeeonomie de main-d’ceuvre : on ne peut tout avoir.
Finissage. — Les dents, grossierement taillees ä la machine, sontensuite affilees a la meule, de la base a la pointe, puis unies et arron-dies au moyen de rapes fmes triangulaires. Gela fait, et les peignesbien polis, on donne la derniere main au moyen de disques de calicotdoux tournant rapidement.
Les peignes d’ecaille sont fabriques exactement de meme que lespeignes de corne, avec plus de precautions seulement et des instru-ments plus delicats et plus fins. L’extreme analogie des deux substancesindique cette similitude de traitement. 1
Doublures d’ecaille. — On double souvent d’une plaque d’ecaillele fond et les parois interieures des tabatieres en bois. D’ordinaire cesplaques sont formees de debris provenant du decoupage de plaquesplus grandes et que Fon soude l’une ä l’autre. On se rappelle, eneffet,que, par le rapprochement des deux bords proprement tailles enbiseau de deux feuilles d’ecaille (ou de corne), prealablement chauffes,et en leur faisant subir une certaine pression, oii les soude tres facile-ment, et sans que rien puisse trahir ensuite le lieu oü la soudure a etceffectuee. La feuille d’ecaille destinee a couvrir le fond d’une tabatiereou de toute autre boite en bois est egalement fixee en place par lapression d’un noyau metallique combinee avec la chaleur; quant a lafeuille destinee ä servir de doublure aux cötes, eile doit, en outre, etresoudee par ses deux extremites taillees en biseau, lesquelles se rencon-treront exactement, si la feuille a ete decoupee avec le soin neces-saire.