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LES AKTS ET METIERS ILLUSTRES.
premier procede est le plus sür. Pour laquer en rouge ou en noir :broyer le rouge ou le noir d’ivoire avec de l’huile de bois, fairereduire le melange d’un quart par l’ebullition, comme pour la laquetransparente, et passer trois ou quatre couches successives ä vingt-quatre et quarante-huit heures d’intervalle, attendant qu’une cou-che soit bien seche avant d’appliquer l’autre. L’usage est de passerle melange d’huile et de couleur ä travers une etoffe que Ton tordou que l’on presse, de maniere que toutes les molecules non äl’etat de poussiere fine restent dans l’etoffe. II est donc de pre-miere necessite que l’enduit soit broye extremement fin. II faut cou-vrir avec soin les objets laques tant que l’enduit est frais, de maniereä le tenir entierement a l’abri de la poussiere qui, sans cela, forme-rait promptement des asperites adherentes ä l’enduit. »
PR^PARATION DES VERNIS. — Nous voiciedifies sur les principauxmodes d’application de la resine du tsi-chou; il ne faudrait pas croireeependant que cette substance est appliquee sur la piece ä laquer teilequ’elle decoule de l’arbre et sans autre preparation; eile est appliqueeainsi sur les coques des navires et des simples jonques pour les pre-server des injures des tarets, sur les bois en general pour les protegercontre les insectes; mais, pour laquer, c’est une autre affaire.
Aussitot l’extraction, on expose la resine au soleil dans des vasesspeciaux, pendant environ trois heures, en la remuant sans cesse avecune spatule, afin de la debarrasser des parties aqueuses qu’elle con-tient necessairement et de lui assurer la transparence necessaire ; ony ajoute alors du fiel de porc et une dissolution de vitriol romain, etl’on a le vernis ordinaire, incolore, transparent et brillant. Avec uneaddition proportionnee d’os de cerf carbonises et reduits en poudre oade noir d’ivoire, avec de l’huile de the siccative, a cette premiere com-position, on produit ce vernis noir du Japon dont les Ghinois ont etelongtemps jaloux (1). Avec des feuilles d’argent broyees et petriesdans le vernis ordinaire, on obtient le vernis blanc; le cinabre mineralou la fleur de carthame donne le vernis rouge; l’orpiment, le vernisjaune; l’orpimentet l’indigo, le vernis vert; une pierre appelee Ui-cM,de couleur violette, reduite en poudre impalpable, colore le vernis enviolet. II ne manque pas d’autres sortes de vernis; mais leur composi-tion n’estpas toujours connue.
(1) Ce vernis serait dü aux indioations du P. d’Incarville, missionnaire en Chine , h qni nousempruntODs la plupart de ces renseignements. Les experiences failes d’apr&sses conseils donnferenl,en effet, aux ouvriers chinois, un vernis egal en beaute au vernis japonais.