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LES AKTS ET METtEllS ILLUSTIiES
chette (1), ce qui n’aurait rien d’etonnant si Ton songe que cet usageremonterait, pour Venise au moins, au x B siede. Le plus curieux del’histoire, c’est que la fourchette aurait ete importee ä Venise deGonstnntinople, oü l’on a repris l’habitudo primitive de manger avecles doigts, pnr la prineesse Marie, fille de Christian IX, empereurd’Orient, qui epousa en 991 Jean, Gis ame du doge Orseolo. La jeuneprineesse se servait, au grand scandale de son entourage, de cuillerset de fourchettes dorees pour porter les aliments a sa bouohe : eile mourut de la peste en 1005, et tout le monde fut d’aecord qu’ellel’avait bien merite. Cependant, il y a lieu de croire que la fourchetteconserva quelques partisans a Venise , malgre le chatiment terribleinflige a la premiere personne qui s’en servit.
Mais ees fourchettes importöes de Constantinople n’y seraient-elles pas d’abord allees de Rome ? — Un savant antiquaire romain,qui etait en meme temps un habile orfevre (ear il est mort il y aquelques annees), Alexandre Castellani, est d’avis qu’il faut faireremonter l’origine des fourchettes au temps des Antonius « au plustard. » Pmirquoi rester en chemin et ne point se ranger tout bunne-ment ä l’avis de Rieh, alors?
On voit que la precisiun des datos n’est pas toujours oeuvre facile,suAtout quand ces dates se rapportent ä des faits tres simples ou auxchoses los plus usuelles et dont les commencements laboricux etpenibles s’effacent d’autant plus aisement de la memoire.
LA CUILLER A BOUCHE. — On trouve des traces de l’usage descuillers k bouche en remontant jusqu’au vi° siede. 11 est fait mention,en effet, de cuillers « petites et grandes » dans le tostament de saintRomi, areheveque de Reims , mort en 533; et, dans sa Vie de sainteRadegonde, Fortunat nous apprend que cette prineesse dunnait a man-gor aux malades et aux infirmes qu’elle assistait ä l’aide d'unecuillor.
Ces simples constatations nous disponsent d’insister sur l’histoirede la cuiller qui, une fois adoptee, ne devait plus reuconti’er d’oppo-sition.
L’AGE D’OR DE LA TABLE. — Avant que la fourchette fut entreedans les muours, la piece qu’il s’agissait de decouper etait recouverte