au bon endroit d’une feuille de papier, d’un linge bien propre ou d’unemince tranohe de pain, suivant les temps et Ies lieux; l’ecuyer tran-chant y appuyait Ja main gauehe, tandis que, de la droite, il manceu-vrait du couteau, decoupant des tranehes convenables, qui etaientensuite plaeees sur des rouelles de pain amoncelees pres de lui, corameaujourd’hui des piles d’assiettes, et servies a la ronde. Les convives,alors, s’escrimaient du couteau — et des doigts.
Avant la Revolution encore, quand on devait diner en ville, onenvoyait, quelques minutes avant de se mettre en route soi-meme, unlaquais porter son couteau et sa fourchette au lieu du festin. A defautde laquais, il va sans dire qu’on apportait ces ustensiles indispensablesdans la meilleure poche de son haut-de-chausses ou de sa culotte.Gette vieille coutume n’est pas encore, parait-il, entierement disparuede certaines de nos provinces eloignees.
Dans quelques provinces rurales de l’Allemagne, de la Suisse etdu Tvrol, c’est encore aujourd’hui la coutume de se rendre a un dinerprie avec un petit necessaire de poche contenant la cuiller, la four-chette et le couteau.
ISous n’avons guere besoin de rappeier que les Chinois, les Japo-nais et les JHindous se servent de fmes baguettes de bois ou d’ivoire enguise de fourchettes, et les Orientaux plus voisins de l’Europe , ainsique les Africains, de leurs doigts. — Doigts et baguettes, d’ailleurs,ne sont a aucun degre objets d’orfevrerie : nous pourrions bien l’avoirdeja dit.
L’ARGENTERIE PLAQUEE. — Si repandu que fut Fusage de la cuilleret de la fourchette , a la veille de la Revolution , Vargcnterie neparaissait guere encore que sur les tables les plus somptueuses ,et Fon voyait incomparablement plus de euillers d’etain, de corne etmeme de bois, ainsi que de fourchettes de fer remplir Foffice pourlequel eiles etaient inventees dans des maisons relativeinent riches.Mais, vers cette epoque, une revolution se produisit, grace ä Finven-tion du plaqud, qui reduisit considerablement le prix de Fargeuterie'de table.
Le plaque, a dire vrai, n’est pas une invention moderne, puisquenous avous vu tirer dos anciens tombeaux de Chypre des objets plaquesd’uue mince feuille d’or sur argeut ou sur cuivre et intimement soudeeau metal inferieur, evidemment par des procedes analogues k ceuxqu’on emploie aujourd’hui. Dans d’autres tombeaux decouverts unpeu partout et dans les ruines de Pompei et d’Herculanum , on avait