668
LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES
que, c’est-ä-dire la fin iv e siede, l’orfevrerie obeissait a certains regle-ments d’ordre, dontun edit de Charles le Chauve , relatifaux monnaieset aux titres des matieres d’or et d’argent, ne parait viser qu’unemodification plus ou moins profonde.
Quoi qu’il en soit, les premiers Statuts authentiques de la Corpo-ration des orfevres datent de 1260 et sont l’oeuvre d’Etienne Boileau .Us furent confirmes en 1330 par Philippe de Yalois, qui donna a laCorporation des armoiries, ä titre de recompense pour la probite deses riiembres charges de la garde des joyaux de la Couroiine (1345).Ces armoiries furent sculptees sur le pignon de la maison communedu corps, a l’angle des rues Jeah-Lantier» et des Orfevres. « La, dituri chroniqueur du tenips, le poiricon de Paris est depose sous plusieursclefs et confie a la surveillance des gardes en Charge. Tous les ouvra-ges d’or et d’argent fabriques ä Paris et dans l’etendue de la prevotedoiventy etre apportes pour etre marques, apres avoir ete essayes ä lacoupeile et ä l’eau-forte avec cette exactitude qui garantit la süretepublique et qui donne tant de reputation aux ouvrages d’or'fevreriede cette bonne ville. »
La communaute des orfevres faisait partie des six premiers corpsmarchands, dont le privilege le plus precieux parait avoir ete de porterle dais sur la tete des rois, reines et legats faisant leur entree solen-nelle dans Paris . Elle formait le sixieme corps; rnais, quoique le der-nier, ce corps etait bien celui des six qui jouissait de la plus grandeconsideration; et Diderot fait 1a. remarque que jamais on n’oubliait dele designer pour pre'ndre part a la ceremonie, bien qu’on n’y appelatordinairement que trois ou quatre corps de marchands.
Six gardes renouveles par tiers, ä l’election, chaque annee, etquatre maifres ou aides-gardes, egalement elus tous les ans, adminis-traient la communaute, une des mieux reglementees de tous les corpsde nietiers.
De bonne heure les orfevres avaient joint a leur industrie, com-ptenant tous les ouvrages d’or et d’argent, le commerce et le montagedes pierres precieuses et perles fines, d’oü ils prirent la- qualification&'orfevres-joailliers et metteurs en ceuvre. Mais ils ne s’adjoignirentles lapidaires qu’en 1783, un peu tard par eonsequent.
Les tireurs et batteurs d’or et d’argent, dont les Statuts particu-liers, tres anciens, avaient recu confirmation par lettres patentes desrois qui se succederent depuis Henri III jusqu’a Louis XIY, firentpartie de la Corporation des orfevres a partir de 1776. Par contre, labijouterie se separait de l’orfevrerie vers le meme temps. Les joailliers,