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Tome premier.
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LES METAUX PRECIEUX. — L’ARGEA'T.

d’argent; on les exploitait au ciseau. Les mines du Mexique , qui

n’ont ete decouvertes queposterieurement, sonttres multipliees et actuei-lement plus productives que celles du Perou . Les mines d’argent d’Es-pagne, si anciennement exploitees et autrefois si nombreuses, ont etereduites a un tres petit nombre depuis la decouverte de l’Amerique .L’Allemagne compte quelques mines d’argent importantes. En France ,les principales sont situees dans le departement de l’Isere . La mine deKongsberg, en Norvege , est une des plus remarquables, tant par sarichesse que par la singularite de son site. Des filons puissants, quiont jusqu’ä 1 metre d’epaisseur, traversent ca et lä, dans une certaineetendue, le terrain, qui est forme de bancs presque verticaux et sou-vent paralleles entre eux. A Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace , on atrouve, dans une terre grasse, des masses de ce metal natif du poidsde 29 kilogrammes... »

L’argent est malleable et ductile; comme l’or, on le bat, et onpeut l’etirer en fils beaucoup plus tenus que des cheveux; il est plussonore et plus elastique que ce metal. Son point de fusion est 1,000®environ, ä la temperature du rouge vif.

PROCEDES D’EXTRACTION. — Les procedes d’extraction de l’argentvarient beaucoup. « Depuis 1545 jusqu’ä 1571, dit l’auteur eite plushaut, les minerais d’argent ne furent traites ä Potosi que par fondage.Les conquistadores , ayantuniquementdesconnaissancesmilitaires, nesavaient pas diriger des procedes metallurgiques. Ils ne reussirentpoint ä fondre le minerai au moyen de soufflets; ils adopterent lamethode bizarre que les indigenes employaient dans les mines voi-sines de Paseo, qui avaient ete travaillees au profit de l’Inca long-temps avant la conquete. On etablit sur les montagnes qui environnentla ville de Potosi , partout oü le vent soufflait impetueusement, desfourneaux portatifs appeles huayres. Ges fourneaux etaient des tuyauxcylindriques d’argile, treslarges etperces d’un grand nombre detrous.Les Indiens y jetaient, couche par couche, du minerai d’argent, dela galene et du charbon; le courant d’air, qui penetrait par les trous,vivifiait la flamme et lui donnait une grande intensite. Les premiersvoyageurs qui ont visite les Gordilleres parlent tous avec enthousiasmede l’impression que leur avait laissee la vue de plus de 6,000 feuxqui eclairaient la cime des montagnes autour de la ville de Potosi . Lesmasses argentiferes obtenues etaient refondues dans les cabanes desIndiens, en se servant de l’ancien procede, qui consiste ä faire soufflerle feu par dix ou douze personnes ä la fois, ä travers des tuyaux en