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d’argent, car c’est sous le nom d'ouvrages de Venise qu’on designaitceux qu’executaient les artistes franpais, des le xn e siede.
En emigrant d’Orient en Occident , s’il n’y etait connu dejä, l’artdu filigrane se repandit dans les contrees disseminees sur sa route;mais est-ce de Byzance qu’il passa en Perse et dans finde? nous nesaurions le dire. Dans ces contrees les applications du filigrane s’eten-dent jusqu’ä fincrustation des meubles; on n’y travaille pas seule-ment les fils d’or et d’argent, mais aussi des fils de cuivre et meined’etain. On en fait des vases, des coupes, des ceintures, des paruresde tete, des bijoux de toute sorte. Dans finde, a Guttack, les ouvragesen filigranes d’argent, qui ont une reputation universelle, sont exe-cutes principalement par des onfnnts avec une delicatesse et unehabilete incomparables.
Dans des ouvrages de ce genre, le prix du metal etant insigni-fiant compare ä celui de la main-d’oeuvre, on n’a guere employechez nous, pendant longtemps, que l’argent et l’or; mais on en faitaussi bien, depuis quelque temps, en,cuivre argente ou non, et qui nele cedent pas aux autres pour le merite artistique.
II y avait a l’Exposition de 1878, un tableau tout en filigraned’argent, representant un paysage anime de bergers et de moutons,ce n’etait pas, ä proprement parier, un tableau, mais plutot l’entou-rage d’une glace dont le cadre lui-meme etait decore de tortillonset de rosaces en filigranes, mais l’ceuvre etait curieuse et depassaitl’interet ordinaire des ouvrages filigranes.
Dans la galerie du travail manuel on retrouvait, du reste, nonseulement de curieux travaux de filigrane, mais tout un etablissementde filigranistes en activite, executant avec des fils d’or et d’argenttoute sorte de petits travaux, au grand ebahissement des visiteurs,emerveilles surtout de l’etonnante rapidite d’execution des ouvriers.Genes et Geneve exposaient egalement des merveilles d’ouvrages fili-granes pour lesquels leur vieille reputation n’a pas baisse, mais quiappartiennent plus exclusivement a la bijouterie.
On sait que les fils metalliques servant ä la fabrication desouvrages de filigrane ont d’abord ete tires ä la filiere. L’ouvrier, d’apresun modele qu’il a devant les yeux, en compose les diverses parties deson travail qui peuvent etre faites isolement; puis il les assemble etles soude avec le plus grand soin, de maniere que la soudure soitinvisible autant que possible et en tout cas ne forme pas de massesqui, dans des travaux aussi delicats, seraient d’une grossierete cho-quante. Tout cela se fait avec une dexterite de main qu’on a peine ä