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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
. suivre. — Mais au lieu d’y insister et d’entreprendre pour notre compteune descriptiou detaillee des procedes d’execution, il nous parait bienpreferable sous tous les rapports d’emprunter cette description auTraiU de Vorfevrerie de Benvenuto Cellini , lequel est loin d’avoirvieilii autant qu’il en avait le droit, meme en ce qui concerne l’indus-trie du filigrane, toujours florissante ä travers ces trois sieeles.
PROCEDES D’EXECUTION. — « On employait autrefois, dit l’illustreorfevre, les ouvrages de filigrane a fornementation des aiguillettes etdes boucles de ceinture ; on en faisait de petites croix, des pendantsd’oreille, de petites boites, des boutons, de petits receptacles ä ren-fermer le musc; on en couvrait les livres d’heures, les amulettes quel’on porte au cou et d’autres objets semblables; on en faisait enfindes bracelets et une infinite d’ouvrages divers, ingenieux et char-mants. Tous les objets executes ainsi sortent d’une plaque d’or oud’argent sur laquelle, apres lui avoir donne la forme convenable, onprepare l’espece de fil dont on a besoin pour l’objet qu’on a en vue.II y a trois sortes de fils : gros, moyen et fm; et l’on en fait souventencore d’une grosseur intermediaire.
» II faut, avant tout, faire son dessin et le bien etudier; on sepourvoira ensuite : 1° de grenaille, qui s’obtientpar le moyen suivant:apres avoir fait fondre l’or ou 1’argent que l’on veut transformer engrenaille, on le jette dans un vase rempli de charbon pulverise, etl’on a ainsi de la grenaille de toutes les grosseurs; 2° de soudure autiers, c’est-ä-dire composee de deux parties d’argent et d’une partiede cuivre rouge (bien que quelques artistes se servent de soudure de,laiton, il est preferable de se servir de soudure au cuivre rouge), cetalliage, qui doit etre lime avec soin, est additionne, dans la proportiond’un tiers, de borax en poudre et recueilli .ensuite dans une boite äborax; 3° de gomme adragante dissoute ; 4° de deux paires de molettesassez fortes et d’un ciseau ongle, comme ceux dont se servent lesmenuisiers (1), mais emmanche a la fagon des burins (on se sert de ceciseau pour couper le fil a mesure du besoin); 5° d’une plaque decuivre unie et assez epaisse, large comme la paume de la main, surlaquelle sont deposes les fils dont on aura a se servir.
» Apres avoir donne au fil le tour que l’on veut, on le disposegraduellement sur la plaque que l’on desire orner, et avec un petitpinceau doux que l’on trempe dans la gomme adragante dissoute, on
(1) D’une sorte de fermoir en realite.