BIJOUTERIE. — LES TRADITIONS ET CE QU’IE EN RESTE. 773
■cette categorie, la plaque doit toujours etre en argent pur, ou aumoinssans autre alliage que celui des monnaies; car, si on y ajoutait ducuivre, eile fondrait avant la soudure. Dans les bijoux communs, laplaque est quelquefois en cuivre.
» Pour souder deux morceaux d’argent, les bijoutiers kabyles seservent d’une autre soudure, formee d’une partie de sulfure d’arsenic,une partie de bitartrate de po-.tasse, une partie de cuivre etdeux d’argent. Le sulfure d’ar-senic, le bitartrate de potasse etle cuivre sont d’abord fondusensemble; puis, on y ajoutel’argent par une seconde fusion.
On ajuste bien l’un a l’autre lesdeux morceaux d’argent ä sou-der, et on les lie avec un fil defer, apres avoir garni les sur-faces en contact de soudure sau-poudree de natron ou de sous-carbonate de soude; ensuite, onfait chauffer.
» Cette soudure est, commeon le voit, un peu differente decelle qui est le plus employeepar les bijoutiers franeais, etqui est composee de : argent666,67; cuivre 233,33; zinc100 , 00 .
» Les emaux appliques sur les bijoux sont de fabrication euro-peenne. On les achete dans le commerce a Tunis ou a Alger . Ils nesont qu’au nombre de quatre : Tun est un verre bleu translucidecolore par l’oxyde de cobalt; un autre, egalement translucide, estd’un vert fonce du a l’oxyde de chrome; le troisieme est opaque et d’unvert clair obtenu avec le bioxyde de cuivre; le quatrieme, enfin, estopaque et jaune et a pour base un chromate de plomb.
» Lorsqu’on veut les fixer au metal, on commence par les reduireenpoudre; on delaye cette poudre dans de l’eau, que l’on decante afind’obtenir un produit plus fin, et l’on etend ce residu en coucbes mincessur les parties que l’on veut emailler. Le bijou est alors expose ä unetem-perature convenable, et l’email s’applique sur le metal par la fusion.
Fig. 101.
Femme kajiyle charg.ee de bijoux.