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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
peu pres ssule, ou du moins qu’elle compte seule dans le commercegeneral.
Une difierence de prix enorme distingue cette bijouterie de labijouterie de fantaisie ; il y a plusieurs raisons a cela. D’abord, tandisque la premiere est executee a la main, c’est-a-dire au marteau et ä lalime, la seconde est estampee, ce qui permet de produire plusieurscentaines d’exemplaires d’un meme modele dans le temps que parl’autre procede on en ferait un ou deux, pour peu qu’il y ait abondanced’ornements, dont les details, si fins et si nombreux qu’on pourra lesimaginer, viennent d’un seul coup ä l’estampage; ensuite, il entrebeaucoup moins de matiere dans un bijou estampe que dans un bijoufait ä la main. Mais, on voit tout de suite le defaut, au point de vueartistique, de ce grand perfectionnement industriel : la vulgarisationjusqu’ä satiete d’un modele qui, plus rare, aurait encore un prix con-siderable. Cette vulgarisation, cette prostitution pour mieux dire, n’estpas precisement le fait des bijoutiers franpais, maisprincipalement desbijoutiers allemands, qui pour comble d’avantages sont affranchis desdroits fiscaux et des formalites du contröle officiel qui entravent labijouterie francaise, ce qui leur permet de fabriquer des bijoux ä sibas titre (14 carats), que ce n’est vraiment plus de l’or.
LA CONCURRENCE läTRANGfeRE. — En tant qu’industrie, notre bijou-terie a donc ä lütter, avec tous les desavantages de son cöte (saufl’execution beaucoup meilleure et le titre plus eleve de l’or, que peude consommateurs sont en etat de reconnaitre a temps) avec la bijou-terie etrangere et surtout avec la bijouterie allemande. Le centreprincipal de cette derniere est Pforzheim , petite ville situee pres deCarlsruhe , qui envoie ses produits dans toute l’Europe et jusqu’enAmerique. La bijouterie de Pforzheim est lourde, d’une executiongrossiere et ä tres bas titre, mais eile est a « bon marche », en appa-rence tout au moins, et s’adresse en consequence a la classe la plusnombreuse et la plus ignorante des consommateurs, qui fait sa for-tune. On compte donc a Pforzheim pres de 600 ateliers de bijouterieoü d’industries s'y rattachant etroitement : estampage, guillochage,gravure, emaillage, joaillerie, dorure, etc., occupant 4,630 ouvriers.Un fait qui caracterise bien sa fabrication, par exemple, c’est qu’apresavoir essaye d’y introduire la bijouterie fine, ornee de pierres de prix,on fut oblige d’y renoncer.
Il n’y a pas moins lä une concurrence que nous pourrions quali-fier de deloyale, si quelque raison serieuse pouvait nous empecher