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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

ceux faits des fruits de l’eglantier, car il en fallait pour toutes les bour-ses, l’amour de la parure se basant rarement sur les moyens que l’onpossede de le satisfaire, et conduisant au contrairetrop souvent, quandcet amour degenere en passion, a des actions honteuses, coupables,criminelles meme, comme l’histoire en donne de si nombreux exem-ples. Les dames romaines surtout se parerent de Colliers de formestres diverses, les uns etroits et se fermant a la naissance du cou,d’autres descendant jusqu’au sein, d’autres enfin, en forme de chainesd'or, qu’elles portaient en sautoir, et que, par consequent, eiles nepouvaient montrer entierement qu’en restant nues jusqu’aux hanches.Dureste, au temoignage de Pline , eiles avaient des Colliers destinesspecialement ä etre portes pendant le sommeil : « Quand elles sontseules dans leurs chambres, dit-il, elles ont au cou des perles passeesä un fil d’or, pour pouvoir y penser meme en dormant. »

On pourrait de nos jours, je crois, trouver plus d’une coquette quiserait Romaine en ceci; mais, pour mon compte, je n’y verrais pasgrand mal — s’il n’y en avait pas d’autre.

UNE CHAINE OiLEBRE. — G’est celle que les orfevres de Guaya-nacapac avaient forgee le jour de la naissance de Huascar, frered’Atahualpa, dernier inca du Perou , vole, baptise et assassine parl’illustre Pizarre en 1533. Gette cbaine, evidemment massive , nesaurait etre confondue avec un collier, car il ne fallait pas moins desix cents Indiens choisis parmi les plus vigoureux pour la souleverseulement de terre. Elle etait d’or, naturellement, et valait principa-lement par son poids, du moins n’avons-nous aucun renseignementsur le travail de ce pesant joyau; mais comme les conquistadores nes’inquietaient pas d’autre chose, ils n’auraient pas manque de s’enemparer, sans doute, si les Indiens ne l’avaient jetee dans la lagunede Chuquito, pour la derober a leur cupidite.

Tout en acceptant la tradition pour le prix qu’elle m’a coute,je me demande si on n’a jamais tente de repecher la chaine deGuayanacapac et si on le tentera jamais... .

COLLIERS HISTORIQUES. — Il y a gä et la, dans l’Histoire, plusd’une bonne histoire ou legende de collier celebre a un titre quel-conque. L’antiquite ne nous offre guere, en ce genre, que le collierd’Eriphyle (execute par Yulcain en personne, d’un alliage dont ilserait fort difficile aujourd’hui de reunir les elements, car il y entraitjusqu’a des cendres provenant des foudres dont il avait, comme on