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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
blanchisseuse pour retenir sur la corde son linge etendu, afin de prevenir l’introduction de l’eau dans les narines, engin qui leur est partimculier. Ils portent aussi quelquefois un couteau pour leur defensepersonnelle, mais c’est, je suppose, par acquit de conscience, car ilest presque impossible de remuer le bras avec quelque force sous unepareille pression, et par consequent de lütter avec un ennemi puissantqui se trouve dans son element naturel.
» Les pecheurs de perles ne sont pas plus ici qu’ailleurs desmodeles de vertu; s’ils gagnent relativement beaucoup, ils depensentbien ce qu’ils gagnent, se querellent consciencieusement quand ilssont au point et necessitent assez souvent l’intervention d’une canon-niere britannique chargee de veiller sur eux et de prevenir autant quepossible 1’effusion du sang.
» Les pecheries du golfe Persique sont d’un bon rapport. LaCampagne de 1879 produisit 7,500,000 francs; mais aussi, dans cettememe Campagne, la seule sur laquelle nous ayons des renseignementsaussi precis, on a eu ä deplorer la mort de trente plongeurs, laplupartdevores par les monstres marins.
LA PECHE DANS LE GOLFE DE CALIF0RNIE. — « Le banc le plusproductif des pecheries du golfe de Galifornie, exploitees depuis 1580,est situe entre l’ile de el Espiritu Santo et le port de Pichilingue, dansla baie de la Paz. Les choses s’y passent un peu differemment.
» D’abord, le droit de peche y est delivre par adjudication ä desentrepreneurs qui embauchent ensuite les plongeurs de profession,tous appartenant ä la petite tribu des Indiens Yaquis. Les conditionssont celles-ci : la nourriture pendant tout le temps de la peche et lamoitie des coquilles avant leur ouverture. Tope lä, et tout est dit. Lasaison dure ordinairement du 15 mai au 15 aoüt.
» Les equipes de plongeurs ne procedent pas toutes de la mememaniere. Les uns, comme a Ceylan, ont une espece de poche pendantsur la poitrine, pour y placer leur recolte; les autres, rien. De meme,il y en a qui descendent avec la pierre a plonger, d’autres qui se fontattacher sous les aisselles par une corde fixee d’autre part au bateau;mais il y en a aussi qui n’ont rien de tout cela. Un bout de bois arrondiet durei au feu est la seule arme qu’on leur permette de peur qu’avecun couteau ils ouvrent sous l’eau l’huitre et s’emparent de la perlequ’elle pourrait contenir.
» L’organisation tout entiere est loin, du reste, de la regularitequ’on remarque dans l’Inde ; mais l’inevitable sorcier y a sa place :