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Tome premier.
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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.

perles de 465,000 francs; et il parait qu’une personne de New-York enpossede un de 500,000 francs tout ronds.

Avant la Revolution, les perles figuraient pour un million de francsparmi les joyaux de la couronne, et deux perles piriformes formant lapaire, qui y etaient comprises, furent evaluees £79,000 francs.

Mais la plus magnifique parure de perles qui ait probablementjamais existe, la plus chere en tout cas, c’est sans contredit celle de lacomtesse de Dudley, l’opulente lady dejä proprietaire du fameuxdiamant du Gap appele VEtoile de VAfrique du Sud, dont nous avonsparle en temps et lieu, et qui ne craint pas d’eclipser sous ce rapportla reine Victoria elle-meme.

II s’agit du collier, de la broche, des pendants d’oreilles, desbracelets et des bagues, comme de raison; de la parure entiere, enperles parfaitement assorties. Le centre du collier est occupe par unetres grosse perle en forme de poire; cette perle est accompagnee deperles de meme forme, de meme nuance et de volume graduellementdecroissant, avec une precision en quelque sorte mathematique, jus-qu’ä l’extremite opposee du collier, oü les perles sont relativementpetites, mais toujours de la meme perfection de forme, et identiques denuance et d’eclat aux plus grosses. Les autres pieces de la parure sonttraitees avec le meme soin, assorties avec la plus grande exactitudeentre eiles et avec la piece principale.

On ne nous dit pas ce qu’a ete payee la parure de lady Dudley, etc’est une lacune regrettable, certainement; mais voici ce qu’on nousapprend : Pour parvenir ä rassembler tant de perles semblables deforme et de nuance, et de grosseurs si exactement graduees, les joail-liers fournisseurs de la comtesse durent se rendre acquereurs d’une sienorme quantite de ces gemmes, que le choix fait et la parure com-pletement terminee, il leur en est reste pour la bagatelle d’un millionet demi de francs d’inemployees, c’est-ä-dire de considerees commeindignes d’y figurer. Acetrait, on peut se croire autorise k donnerlibrecours a son imagination et ä choisir parmi les estimations les plusfabuleuses, avec l’espoir d’approcher plus ou moins de la verite.

Inutile, comme on voit, de remonter si haut dans les nuages del’antiquite la moins reculee, pour trouver des exemples fort presen-tables de... (comment dirai-je bien?) de passion excessive de la joail-lerie. Il n’y a rien que de louable dans une teile passion, sans aucundoute, surtout quand on est en etat de la satisfaire; et j’admire fort lesperles, seulement elles me rappellent trop les pecheurs.