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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
Pour les reliures communes, il est ä peine utile de dire que ladorure est en or faux , c’est-a-dire en cuivre dore.
DORURE SUR TRANCHE. — La tranche est traitee ä peu pres dememe que la Couverture. D’abord rognee et polie, le livre etant forte-ment serre, le dos en dessous, dans la presse, la tranche est d’abordglairee comme ci-dessus les endroits a dorer d’une Couverture. Onlaisse secher, puis on passe une couche legere d’un melange de bold’Armenie et de sucre candi broye dans du blanc d’ceuf, qu’on laisseegalement secher. On racle et on polit alors la tranche ainsi preparee,puis on Thumecte d’un peu d’eau et on y applique au pinceau l’or enfeuilles.
Finalement, on polit au brunissoir a dent.
En voici assez pour l’exterieur du livre. II est temps de nousoccuper de l’interieur, c’est-ä-dire du texte meme et de ce que nousappellerions aujourd’hui les illustrations, mais que les anciens appe-laient enluminures (avec infiniment plus d’ä-propos, car, jadis aussibien qu’aujourd’hui, ces pretendues « illustrations » n’illustrent tropsouvent rien du tout, en depit qu’en ait l’auteur du texte). Nous nevoulons etudier ici, du reste, que le röle que jouent dans ces procedesd’ornementation l’or et l’argent, objets principaux de notre preoccu-pation actuelle.
DORURE SUR VELIN ET SUR PAPIER . — La dorure sur velin estencore pratiquee de nos jours. Les procedes sont la simplicite meme:on etend avec precaution une legere couche de gomme, et lorsqu’ellese trouve ä point, c’est-a-dire assez seche pour happer seulement lafeuille d’or, on y etend celle-ci; on tamponne avec soin pour la faireprendre parfaitement, puis, apres dessiccation complete, on brunit aubrunissoir d’agate. L’argenture s’execute de meme a l’occasion.
Les enlumineurs du moyen age utilisaient deja ces deux metauxde la meme maniere, pour l’ornementation des manuscrits; mais ily avait aussi d’autres methodes. Les chrysographes savaient reduirel’or et l’argent en encre ductile, qu’ils etendaient a la plume sur levelin. Du xiv e au xvi 6 siede, ils avaient aussi recours a un procededifferent, et qui consistait ä agglutiner la poudre metallique au moyend’une dissolution de gomme. Ge procede est encore applique aujour-d’hui ; mais on tire surtout un grand parti de l’application des pro-cedes electro-chimiques.
L’usage d’ecrire avec de l’encre d’or ou d’argent est fort ancien.