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Tome premier.
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927
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DORURE SUR VELIN, PAPIER, ROIS, ETC.

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Au temoignage de Jules Gapitolin, son biographe, l’empereur Maxi-min le Jeune possedait les poemes d’Homere ecrits en or sur velinpourpre. La teinture du velin en pourpre pour recevoir ensuite del’ecriture d’or ou d’argent remonterait donc, ä tout lemoins, au com-mencement du m e siede; c’est, du reste, le plus ancien temoignageque l’on ait de l’antiquite de la chrysographie, mais il nous paraitirrecusable.

L’encre d’argent etait moins employee que celle d’or, par la rai-son qui fait toujours employer avec une grande reserve dans l’orne-mentation, l’argent, qui a le defaut de noircir avec le temps, tandisque l’or reste intact pendant des siecles. On peut voir, toutefois, a laBibliotheque nationale plusieurs specimens de manuscrits ainsi ecrits,notamment le Psautier de samt Germain, eveque de Paris (vi e siede),designe sous le nom de Livre d’argent. On eite en outre, parmi lesmerveilles de ce genre, le Codex argenteus de l’Universite d’Upsal,ecrit enargent sur velin pourpre, avec les titres et un certain nombred’initiales en or. Ge manuscrit, qui a subi de nombreuses vicissi-tudes, passe pour avoir fait partie d’un exemplaire de la Versiongothique des Evangiles, par l’eveque Ulphilas, que Childebert auraitpris a Narbonne , en531; il a ete ecrit au iv e siede, tres probablement.

C’est a cette derniere epoque d’ailleurs, et meme unpeu plus tot,que vivait saint Ephrem, le pieux solitaire d’Edeste, lequel loue beau-coup les religieux de son temps qui se vouaient ä l’enluminure desmanuscrits et ecrivaient en argent ou en or sur velin pourpre. L’evequeanglo-saxon Winifred possedait un evangeliaire or sur velin pourpre,auquel il attachait un si haut prix, qu’il le tenait enferme dans uncoffret d’or massif enrichi de pierreries. Ge monument, ainsi quebeaucoup d’autres, disparut au ix e siede, lors de l’invasion desDanois, qui livrerent aux flammes des richesses incalculables du mämegenre, arrachees aux bibliotheques des prelats et des seigneurs anglo-saxons .

Un fait tres curieux, qui temoigne de l’importance qu’avait dejaprise la chrysographie aux v° et vi e siecles, c’est la mentionqu’en faitau livre II, titre I er des Institutes , l’empereur Justinien , qui y etablitque les lettres d’or appartiennent au proprietaire du velin sur lequelelles sonttracees, absolument comme les constructions appartiennentau proprietaire du sol sur lequel elles sont elevees.

L’art de l’enluminure, et par suite de la chrysographie, ne pene-tra guere en France qu’ä la fin du vm° siede, avec Alcuin , religieuxd’York , attire par l’empereur Charlemagne; mais il y fit de grands