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LES ARTS ET METIERS ILLUSTRES.
gres, exploitees pour meules, ä Gelles, ä Marcilly et a Proven-cheres (1).
Nous ne pouvons ici passer sous silence les dangers auxquelssont exposes les emouleurs. Les meules eclatent malheureusementtrop souvent, quelque soin que Ton prenne pour leur dressage. Gesaccidents sont dus ä 1’efTet de la force centrifuge, qui occasionne undeplacement des molecules de la meule, soit que celle-ci ne soit pashomogene, soit qu’une rupture ait existe dans la masse avant le mon-tage ou s’y soit produite posterieurement. On a cherche a remedier audanger en se servant de pare-meule; malgre la protection de cesengins, les emouleurs sont trop souvent encore blesses ou tues par leseclats de gres projetes en tous sens.
Onaremarque aussi que la profession est dangereuseenelle-meme,et que les emouleurs meurent generalement empörtes par une affec-tion des voies respiratoires. Gette phtisie des Emouleurs est due äl’engorgement des bronches par la poussiere de gres qui sature enquelque sorte l’air des ateliers. On a remedie autant que possibleä cet etat de choses par une Ventilation active des lieux oü sont mon-tees- les meules (2).
Polissage. — L’emoulage a donne a la piece forgee la formedefinitive et a determine le tranchant; le 'polissage enleve les traitsqu’a laisses lameule, donne au tranchant de la vivacite et a l’objet unpremier poli.
La polissoire est une meule en bois, generalement d’un diametremoyen, dont la circonference est recouverte d’emeri, en poudre plusou moins tenue. Pour faire adherercette poudre äla polissoire, on faitintervenir des corps gras. En general, la circonference de la polissoireest recouverte d’une bande de peau de büffle maintenue par de la collede poisson, et c’est sur cette peau qu’on applique le melange de poudreet de corps gras. II y a quelques annees, on a fabrique des meulesen emeri; nous ne savons si ces meules pourront jamais remplacerles polissoires.
Le couteau se polit d’abord en le faisant avancer parallelement äfaxe, puis en le reprenant perpendiculairement; la premiere touche
(1) Celles et Marcilly sont des villages du canton de Varennes ; Provencheres est du cantonde Montigny. Ces carrieres de grfes etaient dejä connues au xn e sifecle : Foulques de Choiseul, quipossedait entre autres les villages de Celles, Marcilly et Provenchferes donna aux moines de Clair-vaux le droit de prendre chaque annee sur les terres de sa seigneurie dix meules ä emoudre :decem molares lapideas ad ferramenta acuendo, ubicumque per terram suam effodere voluerunt.
(2) Des accidents auxquels sont exposes les couteliers emouleurs et aiguiseurs, par A. Cheval-lier. (Paris , imp. de Renouard, s. d., in-12 de 24 pages et une planche.)