gauche de Philippe; au centre se trou-vnienl ses allife bien inferieurs ä sestroupespourle courage et la discipline;le roi commandait en personne l’ailedroite oü etait plocee sa redoutable pha-lange. L’armee de Philippe montail äenvnon trente-deux mille hommes;celle des allies n’allail pas au-delä detrente mille, animes du plus noble mo-lif pour lequel les hommes puissentcombaltre, mais moins exerces que lesMacedoniens.
Philippe se proposait d’attaquer lesAthöniens obliquement avec sa phalan-ge, et de proleger son centre qui etait lapartie la plus faible de son armee, lors-que l’impetuosite d’Alexandre qui, avecson corps d’elite, s’elan^a sur la troupesacree des Thebains, derangea sonordre de bataille. Les Atheniens juge-rent que le centre de l’armee du roi deMacedoine, privede l’appui de sonailegauche, ne pourrait resisler ä une alta-que vigoureuse; ils s’y porterent, et enun instant parvinrent ä l’enfoncer. Ldanger de Philippe etait imminent. Se-pare avec sa phalange du reste de sonarmöe, une attaque sur son flanc, faiteavec intelligence, pouvait decider dusort de la bataille; mais les chefs descoalises, divises d’opinions dans unmoment si decisif, selaisserent aller äla poursuite de l’ennemi sans s’aperce-voir, comme cela arrive trop souvent,que la confusion devenait plus grandechez eux que chez les fuyards.
Philippe vit cettefaute avecle meprisd’un general habile. II fit observer froi-dement ä ceux qui I’environnaient, queles Atheniens ne savaient pas vaincre;et feignant defuirdevant eux afin d’aug-menter leur desordre, il gagna une emi-nence voisine. Alexandre avait rompula bande sacree des Thebains; Philipperallia quelques troupes, tomba sur lesAtheniens ä* qui lesucces inspirait une
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confiance imprövoyante, et les dößt totalement.
Ce fut lä que Demosthene ternit parsa lächete la gloire qu’il avait acquise äla tribune. Cet orateur magnifique, quine cessait d’encourager ses compatriotesä defendre leur libertö, se sauva dös lapremiere attaque, et l’on rapporle plai-samment qu’embarrasse dans sa fuitepar quelques ronces qui genaient lepassage, il demanda gräce d’une voixlamentable, s’imaginant avoir affaireaux ennemis.
Il eül etö de l’interet genöral de laGröce d’etouffer la Macedoine dans sonberceau, et cela serait arrive si les La-cedemoniens avaient joint toutes leursforces ä celles d’Athenespourcombattredans les plaines de Cheronee; maisja-mais aucun peuple ne fit une faute plusirreparable. On le voit rester tranquilletandis que Philippe accable les Athe-niens, et lorsque ensuite ces Lacede-moniens voulurent seuls s’opposer ausefforts de la Macedoine, ils perdirent enun seul jour, ä la bataille de Sellasie,leur armee, leur pays, leur capilale.
On ne peut s’empecher de remar-quer aussi qu’il aurait fallu d’aulresressorts que ceux de l’eloquence pourfaire mouvoir un gouvernement commecelui d’Athenes. II s’agissait de savoirsi l’on devait ou non declarer la guerreaux Maqedoniens : or , on ne voit pastrop que la solution de ce probleme dütse trouver dans les Philippiques de De-mosthene , qui meme avoua depuiss’etre trompe dans ses conjectures. Voicila cause qu’il allegue de son erreur:
« Ce qui fait notre faiblesse, dil-il,c’est que nous deliberons en plein air.Tonte la Grece sait d’avance ce quenous ferons, comme eile connait lesprojets que nous avons resolu de nepas suivre. Il n’y a ni mystere, ni se-cret ä Athenes; mais on y trouve deux
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