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Tome premier.
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caisses de Anances. L’une, destinße auxdepenses theätrales, est assez bien pour-vue ; l’autre s fcreee pour subvenir auxfrais de la guerre, s’emplit presqueaussi difficilement que i’urne des Allesde Danaüs. Philippe de Macedoine,au contrairej est lui-meme son tteso-rier, son general et son conseiller. SesartiAces deviennent inAnis; ses desseinssont impenetrables; sa celeritö lient duprodige 5 et l’on voil toul ä coup sonarmee campee aux portes de nos villes,Sans qu’un seul de nous ait ete instruitde ses mouvemens. »

La veritable cause du mauvais suc-ces de cette Campagne ne provient nul-lement de la lenteur des Atheniens,puisque Philippe lui-mGme fut etonnede la promptitude avec laquelle ilsavaient mis tant de troupes en etat decombattre; les Atheniens paraissentbien plulöt s’elre trop presses pour li-vrer la bataille de Cheronee. Au lieud’adopter les illusions politiques deDemosthene, et de lütter imprudem-ment contre l’infanierie macedonienne,dont ils ne connaissaienl ni l’ordon-nance ni l’armure, ils auraient du setenir sur le penchant du mont Parnes ,afin d’en defendre les deAles, qui ducöle de l’Asopus, dit Xenophon, sontpresque impenetrables. Plus ils s’en-gageaient dans les plaines de la Beotie,plus ils augmentaient la force de laphalange macedonienne. Elle ne com-battait jamais mieux qu’en rase Cam-pagne, tandis qu’un pays herisse commele nord de l’Atlique offrait de grandsobstacles au developpement de ses ma-noeuvres, et pouvait l’arreter long-temps. Rome fut sauvee par un generalqui eut l’art de ne point livrer de ba-taille.

On pretend que dans les premiersmomens oü Philippe manifesta le pro-jet d’asservir la, Gvece, on essay» de

l'en dötourner en dirlgeaht son ämbi«tion vers l’Asie. On lui represeflta,dit-on, combien il Gtait humiliant quecette partie du monde füt plus flöris-sarite que 1 ’EuropO; que les Barbaressurpassassent les Grecs en opulence;que les successeurs d’un homme telque Cyrus, expose en naisslnt par samere, fussent appeles les grands rois ;tandis que lui t deseehdant d’IIercule,portait un titre moins fastueux. Phi-lippe pouvait bien faire semblant deprfiter Poreille ä ces insinualions rldi-cules , mais il fallait des motifs moinsfrivoles pour exciter son ambition.

« Il est facile ä un homme d’un es-prit ordinaire, dit Polybe, d’apercevoirquelles ont ete les veritables causes de laguerre contre lesPerses. La premiere deces causes fut le retour des Grecs sousla conduite de Xenophon. Revenantpar les satrapies de la haute Asie, ettraversant un pays ennemi, ils ne troü-verent point d’adversaires dignes d’eux,ou qui pussent s’opposer ä leur relraite.La seconde cause fut le passage d’Age-silas, roi de Lacedemone (avec un corpsde six mille hommes), en Asie, oürien ne put mettre obstacle ä ses enlre^prises. 11 ne fut contraint d’y renoncerqu’ä cause des troubles qui survinrentalors dans la Grece. En conscquence,Philippe refleclnssanl d’un cöte sur lamollesse et la lächete des Perses , del’autre sur l’experience des Macedoniensdans l’art militaire; considerant encorela grandeur, leclat et les avantages decette expedition qui devait lui concilieirla bienveillance des Grecs, saisit lepretexte de les venger des Perses , pritson essor, et disposa tont pour l’entre-prise. »

Philippe avait ordonne ä Attalus etä Parmenion de passer en Asie avec destroupes, et se preparait ä les suivre,quand, ä l’äge de quarante-six ans, il