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Tome premier.
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THÜCYDIDE. LIV. I.

d^fendre, que pour mettre au grandjour quelle esl cette republ ique que vousaurez ä combaltre, si vous prenez unemauvaise resolulion. *

« Je prelends donc que, seuls ä Ma-rathon , nous avons soutenu le choc desBarbares, et qu’ä leur seconde expedi-tion, trop faibles pour leur resister parterre, nous sommes montes sur notreflotte, et les avons defaits dans un com-bat naval ä Salamine, victoire qui lesempecha de faire voile vers le Pclopon-nese, et d’en ruiner, les unes apres lesautres, les villes trop peu capables dese preter des secours mutuels contre desflottes si formidables. Et notre ennemilui-meme rcndit, par sa conduite, unbeau temoignage ä la superiorite de nosvues; car, vaincu sur ses vaisseaux, etne se voyant plus en egalite de forces,il precipita sa retraite avec la plus grandeparlie de son arm6e.

Chap. 74. « Dans ce grand 6v6ne-ment, qui manifesta que la puissancedes Hellenes residait dans leur marine,nous avons procure les avantages quiont surtout assure le succes : le plusgrand nombre de vaisseaux, un generald’une rare sagesse, et un zele infati-gable. Sur les quatre Cents vaisseaux,nous n’en avons guere fourni moins dela moitie. Quant ä Themistocle, notregeneral, ä qui l’on doit surtout d’avoircombattu dans un detroit, ce qui sauval’Hellade, vous lui decernäles, pourprix de ce Service, plus d’honneurs quen’en obtinrent jamais tous les etrangersqui ont paru ä Lacedemone. Et ne mon-trämes-nous pas autant d’ardeur qued’audace, nous qui, sans recevoir au-cun secours par terre, au moment oütout, jusqu’ä nos frontieres, elait dejäsoumis, resolümes de quitter notre villeet de detruire nos demeures, non pourabandonner la cause de ce qui restaitd’allies, et leur devenir inutiles en nous

dispersant, mais pour monter sur nosvaisseaux, et nous livrer aux dangers,sans aucun ressentiment de ce que vossecours ne nous avaient pas prevcnus?Nous pouvons donc nous vanter de vousavoir aussi bien servis que nous-mömes.C’est de vos villes bien garnies d’habi-tans, et que vous etiez cerlains de re-trouver, que vous Öles enfin venus noussecourir, avertis par vos perils bien plusque par les nötres; car, vous, on nevous vit point parailre tant qu’Athenesexistait encore : mais nous, nous elan-Cant hors d’une ville qui n’elail plus,et pour cette Athenes qui ä peine exis-tait pour nous en esperance, bravant lesdangers, nous contribuämes ä voussauver, en assurant notre propre salut.Mais si d’abord nous eussions obei auxMedes, craignant, comme les Thebains,pour notre lerritoire, ou si, nouscroyanlensuite perdus, nous n’avions pas eul’audace de monier sur nos vaisseaux,il vous eut ete inutile de livrer un com-bat naval, puisque vous n’aviez pas uneflotte capable de resister; et, sans coupferir, le Mede eüt vu ses projets lournerau gre de ses desirs.

Chap. 75. « Nous rneritonsdonc, La-cedemoniens, en consideration de notredevouemenl et de la superiorite de nosvues, que les Hellenes ne regardent pasnon plus d’un oeil si jaloux l’empireque nous possedons. Cel empire, nousne l’avons point ravi; il a commencepour nous ä l’epoque ob vous refusatesdecombattre le reste des Barbares, lors-que les allies, recourant ä nous, nousprierent eux-memes de prendre lecom-mandement. Voilä ce qui nous mituans la necessite d’elever notre domi-nation au point oü eile est parvenue :ce fut d’abord, et surtout, parcrainte;ensuite pour nous faire respecter; enfinpour notre interet. Nous. ne pouvionsplus nous croire en sürete en nous relä-