thucydide, LIV. II.
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se mesurer contre quarante-sept. Ce- jpendant, des qu’ils apergurent la flotte jennemie voguant contre la leur, quilongeait la cötc; des que, se dirigeantde Patres d’Acha'ie vers le continent op-pose,sur le littoral de l’Acarnanie, ilseurem vu deboucher de Chaleis et dufleuve Cvenus cette memc flotte qu’ilsavaient apergue ä l’entree de la nuitenlrant mysterieusement en rade, deslors ils furent contraints d’accepter labataille au milieu du detroil. Cbaquevepublique avait scs slraleges qui sepreparaient au combat : ceux des Co-rinlhiens etaient Machaon, Isocrale etAgatharchidas. Les Peloponnesiens dis-poserent leurs navires en un cercle leplus elendu possible, sans laisser aucunjour ä la faveur duquel on püt enfoncerla ligne, et tenant les proues en dehors,les poupes en dedans. 11s placerent aucentre leurs petits vaisseaux et cinq desmeilleurs voiliers, afin qu’ils n’eussentqu’une faible distance ä franchir poursortir de ce centre et se porter sur lespoints que l’ennemi attaquerait.
Cuap. 84. Les vaisseaux atheniens,voguant sur une longue fde ä la suitel’un de l’aulre, tournaient circulaire-ment la flotte ennemie et la resserraientdans un etroit espace, toujours la rasantde pres et lui presentant la manoeuvrede gens qui vont altaquer. Phormionavait döfendu qu’on en vint aux mainsavant que lui-meme eöt donne le Si-gnal : il esp&ait que l’ennemi ne gar-derait pas l’ordre de bataille d’une ar-mee de terre, mais que les vaisseauxseraient pousses les uns contre les au-tres, et que les petits bätimens ne man-queraient pas de causer du trouble. IIcontinuait sa course circulaire, dansl’attente d’un vent qui seleve d’ordi-naire au point du jour, et qui, soul-flant du golfe, ne permettrait pas auxennemisde garder un instant le meme
i ordre. Comme ses vaisseaux manocu-j vraient beaucoup mieux, il se croyaitmaitre de choisir ä son gre le momentde l’attaque, et il pensait que ce devaitötre celui oü le vent viendrait ä souf-fler. 11 s’eleva. Dejä la flotte ennemiese voyait resserree, parce que le ventla tourmentait, et qu’elle se trouvaitembarrassee par les petits bälimens.Tout etait en desordre; les vaisseauxheurtaient les vaisseaux; on se repous-sait ä coups d’avirons, on criait, on s’e-vitait, on s’injuriait: ordres , exhorta-tions desceleustes, rien n’etait entendu;les equipages sans experience ne pou-vaient lever les rames contre les effbrlsde la mer agitee; les navires n’obeis-saient pas aux manoeuvres des pilotes.
Le moment etait favorable. Phor-mion donne le signal. Les Atheniensattaqucnt, et, pour premier exploit,coulent bas l’un des navires montes parles generaux. Partout od ils s’ouvrentun passage, ils brisent les vaisseaux,et reduisent les ennemis ä une teile de-tresse, qu’aucun d’eux ne songe plusä se defendre: lous s’enfuient vers Pa-tres et Dyme d’Achaie. Les Athenienspoursuivent les vaincus, prennent douzevaisseaux, egorgent la plupart de ceuxqui les montaienl, naviguent vers Mo-lycrium, elevent un trophee sur le pro-montoire de Rhium, consacrent unede leurs prises ä Neptune, puis retour-nent ä Naupacte. Les Peloponnesiens,avec ce qui leur restait debätimens, sehäterent de passer de Dyme et de Patresä Cyllene, arsenal maritime des ßleens.La se rendirent aussi de Leucade, aprösla bataille de Stratos, Cndmus et lesvaisseaux leucadiens qui devaient scjoindre ä la flotte du Peloponnese.
Chap. 8o. Les Lacedemoniens en-voyerent Timocrate, Brasidas et Lyco-phron pour servir de conseil ä CneniusI dans ses operations navales, Ils lui oe*