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Tome premier.
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THUCYDIDE

donnfrent de mieux se prgparer äunnouveau combat, et de ne pas souffrirque la mer lui füt interdile par un sipetit nombre de vaisseaux. Precisementparce qu’ils s’elaienl alors, pour la pre-miere fois, eprouves dans un combatnaval, l’issue leur en semblail fortetrange. IIs croyaient devoir l’attribuermoins ä leur inferioritß dans l’art dela marine qu’ä la mollesse de leurscombaltans, ne comparant pas ä leurinexperiencc la longue pratique desAtheniens. Aussi Oaient-ils forlementindisposes contre Cn6mus, lorsqu’ilsenvoyerent pres de lui ces commissaires.Ceux-ci, ä leur arrivee, ordonnerentconjointement avec lui aux differentesvilles de fournir des vaisseaux, et firentmettre en etat de combat ceux dont ilsdisposaient.

De son cötd, Phormion transmct äAlhenes la nouvelle de la victoire, etcelle des nouveaux preparatifs de l’en-nemi. 11 demande qu’on lui envoie,sans delai, le plus de bätimens possi-bles: on devait chaque jour s’attendreäune affaire. On lui expedia vingt vais-seaux, avec ordre ä celui qui les con-duisait, de passer d’abord en Crete. UnCretois de Gortyne, nomine Nicias, liöd’hospitalitö avec les Atheniens, les en-gageait ä passer ä Cydonie, ville enne-mie d’Athenes, et qu’il prometlait deleur soumettre. Son but etait de com-plaire aux habitans de Polychna, voi-sins de Cydonie. 11 passa en Crete avecles vaisseaux qu’on lui prötait, et, se-conde par les Polychnites, il ravagealepays des Cydoniates. Tour a tour lesvents contraires et le calme lui firentperdre beaucoup de temps.

Chap. 86. La flotte du P6Ioponnese,qui sejournait a Cyllene pendant queles Atheniens ötaient retenus en Crete,v ogua, disposee ä combattre, vers Pa-uorme d’Achaie, ou se trouvait rassem*

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blee leur armee de terre. Phormion,de son cöte, passa de Naupacte ä Rbiumde Molycrie, et se tint ä l’ancre en de-hors du promonloire, avec les vingtvaisseaux qui avaient dejä combat'tu;les gens du pays elaient amis des Athe-niens. En face de ce promontoire estun autre Rhium, faisant partie du Pe-loponnese; un trajet de sept stades auplus les separe Tun de l’autre; c’estTembouchure du golfe de Crisa. LesPeloponnesiens, apres avoir apergu l’en-nemi, aborderent ä ce Rhium de l’A-chaie, peu dislant de Panorme : leurarmee de terre y etait; ils mirent äl’ancre avec soixante-dix-sept vaisseaux.On resta de part et d’autre ä s’observerpendant six a sept jours, occupe d’exer-cices et des appröts de la bataille navale.Les Peloponnesiens ne voulaicnt passortir en dehors des deux Rhium, ets’exposerau large, dans la crainle d’unmalheursemblable ä celui qu’ilsavaienteprouve; les Atheniens craignaient des’engager dans une mer resserree, s’ima-ginant qu’un combat naval livr6 dansun espace 6lroit serait favorable aux La-cedemoniens. Enfm, Cnemus, Brasidas,et les autres generaux peloponnesiens,voulurent presser le combat avant qu’ilpüt venir d’Athenes quelque renfort; ilsconvoquerent d’abord les soldats, et,les trouvant presque tous effrayes deleur prcmiere defaite, ils lächerent deles rassurer et leur parlerent ainsi:

Cu ap. 87. « Ceux de vous, Pelopon-nesiens, ä qui l’issue du dernier com-bat naval inspire des craintes pour celuiqui se prepare, fondent leurs craintessur de mauvais calculs. Vous le savezvous-mfemes, nous avions contre nous,inferioritü dans les preparatifs, uneflotte 6quip6e moins pour engager unebataille que pour transporter une ar-mee; mille contre-temps d’ailleursdont nous ne devons accuser que la