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qui veut persuader an pcuple de funestesmesures, se concilie sa bienveillance enle trompant, et que celui qui donnc d’u-tiles conseils, recoure ä l’artifice pouretre cru. Notre republique, avectoutesses defiances, est la seulequ’on ne puisseservir franchement et sans la tromper.En effet, celui qui donnc ouvertemcntun bon avis, se voit en retour paye dusoupron d’en retirer pour lui-meme unavantage particulier, par quelque voiesecrete. Aussi,dans les circonstances lesplus graves, il faut, vous connaissantune teile maniere de juger, que nousautres orateursnous portions nosregardsbien plus loin que vous, qui ne jetezsur les affaires qu’un coup d’oeil rapide,surtout ayant ä rendre comple de nosopinions ä vous qui n’avez nul compleä rendre de la maniere dont vous lesaccueillez. Si l’auteurd’une proposilionet celui qui l’adopte avaient les meinesrisquesä courir, vous jugeriez avecplusde reserve; au lieu que, dans l’etat deschoses, si, d’apres un caprice quelcon-que, il vous arrive d’embrasser un mau-vais parti, vous vous en prenez ä l’avisisole d’un orateur, et non ä vos propresavis, qui ont, en grand nombre, con-couru ä la faule commune.
Chap. 44. « Quant ämoi, je ne suismonte ä la tribune, ni pour contredire,ni pour decrier personne au sujet desMityleniens. Ce n’est pas sur leurs delitsque nous avons ä deliberer, si nous rai-sonnons juste; mais sur le meilleur parliä prendreä leur egard. Si je demontreque les Mityleniens sonl tres-coupables,je n’en conclurai pas qu’il faille leurdonner la mort, si nous ne devons re-tirer aucun fruit de tant de rigueur; ets’ils pouvaient etre dignes de quelqueclemence, je ne dirais pas qu’il fallutleur pardonner, ä moins que ce parti nedüt etre avantageux ä l’etat. Je croisquec’estsur l’avenir que nous avonsä de-
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liberer, bien plus que sur le present. A.entendre Cleon, il nous sera utile ä l’a-venir de presenter la mort comme puni-tion repressive de toute revolte; pourmoi, partantde ce meme point surle-quel mon adversaire a fonde son opi-nion, je pretends en Consultant nos in«terets fulurs devoir etablir la propositionconlraire, et je demande que vous nerejeliez pas d’utiles rdflexions, seduitspar los grands principes mis en avantpar Cleon. Ce qu’il vous a dit, mieuxd’accord avec votre ressentiment actuelcontre les Mityleniens et avec une justicetrop rigoureuse, pourrait vous enlrai-ner : mais ici nous n’avons pas unequestion de droit a disculer; nous neplaidons pas contrc les Mityleniens,nous deliberons sur les moyens de nousles rendre utiles äl’avenir.
Ciiap. 45. « Dans les republiques, ily a peine de mort contre quanlite de de-lits qui, loin d’egaler celui des Mityle-niens sont beaucoup moins graves. Ce-pendant, empörte par l’esperance, ons’expose au danger, et personne encorene l’a ose avec la conviction de ne pasreussir dans son criminel projet. Quelleville s’est jamais revoltee, se croyanlhors d’etat de soutenir sa revolte, soitavec ses propres forces, soit avec desforces etrangeres? Il est dans la naturedes hommes de commettre des faulesdans leur vie,soit privee, soit publique,et jamais les lois n ’opposeront que d’im-puissantes barrieres. En effet, on a par-couru tous les degres des peines, quetoujours on aggravait pour essayerdesemettre ä l’abri des malfaiteurs. Vrai-semblablement des peines trop doucesfurent etablies, dans le principe, memecontre les plus grands crimes : avec le•emps eiles cesserent d’effrayer. Ellesfurent insensiblement portees jusqu ala mort, que l’on brava aussi. I* f autdonc imaginer un moyen de terreur