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TIIUCYDIDE
eussiez mis ä tout sacrificr pour les Ivaincre. Ne vous laissez pas flecbir par I]a consideration de leur Situation pre-sente; ne pensez qu’au danger suspendu,il n’y a qu’un moment, sur vos totes*Prononcez contre eux le jusle supplicedu ä leur crime ; quc les allids appren-nent, par cet exemple, que toute defec-tion sera punie de mort. Lorsqu’ils lesauront bien, vous serez rnoins souventfoictis de perdre de vue vos cnnemispour combaltre vos propres allies. »
Chap. 41. Ainsi parla Creon. Aj»reslui s’avanpaDiodote, lils d’Eucrate, qui,des la premiere assemblce, avait vive-ment eomballu le decret de mort contrelesMityleniens; il s’exprimaä peu presen ces terrnes:
Cu ap . 42. « Je ne bläme pas ceux quiviennent rouvrir la discussion sur lesMilyleniens, et je suis loin d’approuverceux qui trouvent mauvais que l’on re-vienne plusieurs fois sur des questionsd’une si haute imporlance. Il est deuxdefauts que je erois tres-contraires ä lasagesse des deliberations : la prßcipita-tion et la colere, eompagnes ordinaires,l’une des insenses, l’autrc des hommesignoranset irrefiechis. Quiconque sou-tient que la discussion n’est pas unmoyen cflicacc d’inslruction dans les af-faires, annonce peu desensou un interetparliculier: peu de sens, s’il croil qu’ilest quelque autre moyen de repandre lalumiere sur l’avenir et sur des questionsobscures; un interet privd, si, voulanlpereuader quelque chose de honteux, etsesentant dans l’impuissance de parierraisonnablemcnt sur des choscs qui nesont pas raisonnables, il espere effrayer,P»r d’adroites calomnies, et ses adversaires et les auditeurs. Mais il n’est pasd hommes plus dangereux ijue ceux quiaccusent d’elre salarie tout discours quilescontrarie. S’ils se contcntaicnt d’ae-wiserd’meptie, on cmporlcrait, en per-
, uv. in.
[ dant sa cause, la reputation d’homme
I inhabile, et non celle d’un malhonnöteliomme : mais lorsqu’on met en avantcontre son adversaire le reproche decorruption, si cet adversaire triomphe,ildevient suspect; s’il succombe, il passeä la fois pour malhonnete et inepte.
« On nuil a l’etat avec un pareil Sys-teme : car la crainte le prive d’utileseonseillcrs; et il aurait fort a gagner, siles gens qui fonl usage de ces moyensn’etaient pas doues du don de la parole;on ne l’enlrainerait pas alors ä tant defaules. 11 est d’un bon citoyen de ne pasintimider ceux qui defendenl une opi-nion contraire ä la sienne, et de mon-trer lui-meme, en parlant mieux, maisen laissant aux autres la faculte de par-ier, quc le bon droit est de son cöte. Ilest de la sagesse d’une republique dene point accorder de nouveaux hon-neurs a ses plus bubiles conseillers;mais en meme ternps eile doit ne re-trancher rien de ceux dont ils jouissent,et, loin d’infliger des peines ä celuidont l’avis est rejete, eviter de le blesser,memo dans sa reputation. Ainsi l’ora-leur en credit, dans l’esperance d’obte-nir de plusgrandshonneurs, neparlerajamaisni contre son Sentiment, ni dansl’uniquo vue de complaire ä ses audi-teurs ; et celui qui serail moins heureuxne ebereberait j»as non plus a flatter etä se concilier la multitude.
Ciiap. 45. « Nousfaisons tout le con-traire, et nous allons meine plus loin:si nous soupponnons un citoyen de par-ier par interet, vainemenl il ouvrirait lesmeilleurs avis; il nous devient odieux,et nous sacrilions le bien de l’etat ä unvain souppon de venalite.Nous ensom-mes venus au point que les conseilslesplus salulaires, mais que n’appuieau-cunc intrigue, sontaccucillisavecautantde defiancc que les plus pernicieux; enSorte qu’il faut egaiement et que celui
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