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Tome premier.
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326 THUCVDIDE

etaient langes contre eux en ordre debataille; mais ils allaquercnt en file,et submei'geient un bätiment. S’elantensuite formes en cercle, ils voguerentautour des cnncmis, qu’ils essayerentde mettrc en desordre. Gelte manceuvrefut apergue de ceux qui avaient en teleles vaisseaux de Corcyre, et, craignantqu’il n’arrivät la meme chose qu’ä Nau-pacte, ils vinrent au secours des leurs.La flotte alors reunie vogua tout en-tiere sui' les Atlieniens. Ceux-ci cederentfaiblement, et ramerenl de la poupe. Ilsmanoeuvraient de la sorlc pour laisserles Corcyreens commencer la retraite,tandis qu’eux-memes, reculanl avecbeaucoup de lenteur, soulenaient reffortdes ennemis. Ainsi se passa ce combatnaval, qui finit au coucber du soleil.

Chap. 79. Les Corcyreenscraignaientque les ennemis ne profitassent de leurvicloire pour venir atlaquer la ville, ouqu’ils n’enlevassent de l’ile les citoyensqu’on y avait deposes, ou qu’enfin ilsnefissent quelque autre teutative. Ils ra-mcnerent de l’ile ä Vherocum les quatreecnls supplians, et se linrent sur leursgardes. Mais l’ennemi, malgrel’avantagequ’il avait remporle, n’osa pas altaquerla ville : avec treize vaisseaux de Cor-cyre qu’il avait enleves, il gagna le con-tinentd’oü il etait parti. Le lendemain,il n’osa pas davantage se porter ä Cor-cyre, quoiqu’on y füt dans le trouble etdans la consternation, et que Brasidasconseillät, dit-on, cette entreprise ä Al-cidas, qui n’avait pas le meine creditque ce general. 11s firent une descenteau promontoire Leucimno, et ravage-rent la Campagne.

Chap. 80. Cependant le parti demo-cratique de Corcyre, redoutant l’arriveede la flotte, traita avec les supplians etles autres du meme parti, pour parve-nir ä sauver la ville. On en determinameme quelques-uns a monier sur les

, uv. III.

vaisseaux: car, malgre la Situation cri-tique oü l’on se trouvait, on en equipatrente, s’attendant ä voir arrivcr lesennemis. Mais les Peloponnesiens, apresavoir devasle les ebamps jusqu’ii midi,se retirerent. Aux approches de la nuit,des feux les avaient avertis que soixantevaisseaux atlieniens, partisdeLeucade,venaient les atlaquer. En effet, Atlienes,iiiformee que Corcyre etait livree ü lasedition, et que les vaisseaux d’Alcidasdevaient s’y rendre, avait envoye cettfcflotte sous le commandement d’Euiy-medon, fils de Tlieocles.

Chap. 81. Les Peloponnesiens sehä-terent, la nuit venue, de retourncrchez eux, en rasant la cöle. Dans lacrainte d’ßtrc apercus s’ils tournaientl’isthme des Leucadiens, ils transpor-terent leurs vaisseaux par-dessus cetisthme, et efl’ectuerent leur retraite.Sur la nouvelle que la flotte d’Athencsapprochait et que celle des ennemis etailreliree, les Corcyreens introduisirentdans la ville les Messeniens, jusque-lärestes en dehors, et envoyerent le longdes cöles, dans le port Ilillaique, lesvaisseaux qu’ils avaient equipes, tuant,dans cette expedition, tous ceux desennemis qui leur tombaient entre lesmains, jetant hors des vaisseaux et sub-mergeant ceux qu’ils avaient engages äy montcr. Ils entrerent dans 1 ’herceum,persuaderent ä une cinquantaine desrefugies de se soumettre a un jugement,et les condamnerent tous ä mort. Lesmalheureux qui avaient refuse de quit-ter cet asile, et qui formaient le plusgrand nombre, n’ignorant pas ce quise passait, se tuaient les uns les autresdans l’hieron : plusieurs se pendaienlä des arbres; chacun se donnait la mortpar le moyen qui s’offrait ä lui. Pen-dant sept jours qu’Eurymedon passa äCorcyre avec sa flotte de soixante vais-seaux , les Corcyreens tuerent tous ceux