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Tome premier.
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TIIUCYDIDE, MV. XII.

le coiitinent, disaient-ils, entrerait dansl’alliance de Lacedemone. Euryloquelescrut, renvoya lesßloliens, et s’arretadans le pays avec son armee, jusqu’ä cequ’il füt temps de se joindrc aux Am-praciotes partis pour former le sieged’Argos. L’ete finissail.

Ciiap. 403.L’hiversuivant, les Athe-niens qui etaient en Sicile, leurs allieshellenes, et fous ceux d’entre les Siculesqu’opprimait le gouvernement de Syra-cuse, et qui avaient abandonne Fal-liance de cette ville pour embrasser celled’Alhenes, firent, de concert, l’allaquede Nessa, place de Sicilc dont les Syracu-sains occupaient l’acropole. Ne pouvants’en rendre maitres, ils se rctirerent;mais, dans cette retraite, les Syracu-sains, sortant des remparls, attaquerentceux des allies d’Athenes qui fermaienllamarche, et, tombant sur eux brus-quement, mirent en fuile une partie del’armeeet tuerent bcaucoup de monde.Apres cetevencment, Lacheset les Athe-niens firent plusieurs desccntes dans laLocride, en naviguant sur le fleuve Ce-cine, et defirent dans un combat environtrois cents Locriens, accourus contrc euxavec Proxene, fils de Capaton. Apres lesavoir desarmes, ils quitterenl la cöte.

Ciiap. 404. Le ineme hiver,les Allie-niens, pour obeir ä un oracle, purifierentDelos. Auparavant, le tyran Pisistratel’avait dejä purifiee, mais seulementdans la partie de l’ile qu’on peut aper-cevoir de l’hieron. A l’epoque dont jeparle, on la puriiia tout entiere, de lamaniere suivante : on enleva tous lescercueils qui s’y trouvaient, et il fut or-donnequ’ä l’aveniril ne mourrait ninenaitrait personne dans l’ile, mais qu’ontransporterait ä Rhenie les mourans etles femmes proches de leurterme. Rhe-nie est ä si peu de distance de Delos,que Polycrate, tyran de Samos, qui eutpendant quelque temps une puissante

marine, et qui dominait sur les autresdes, s’etant emparede Rhenie, la coiisacra ä Apollon, et l’attacha ä Delos paüune chaine.

Ce fut apres cette purificalion que lesAlheniens celebrerent, pour lapremierefois, les jeux Deliens, qui se renouvel-lenl tous les cinq ans.IIy avait äDelos,dansl’antiquite, ungrand concoursd’Io-niens et d’habitans des lies voisines;ils y venaient religieusement avec leursfemmes et leurs cnfans, comme ä pre-sent les loniens vont aux felesd’Artemisl’ßph&ienne; des jeux demusique et degymnastique y etaient cclebrcs , et lesvilles y envoyaient des choeurs. C’est ceque nous apprend surtout Homere, ens’exprimant ainsi dans son hymne äApollon : « Mais, öPhebus, tu cheris« surtout Delos, oü se rassemblent,« avec leurs enfans et leurs vertueuses« cpouses, les loniens velus de robes« trainanles. Ils te sont agreables, lors-« qu’au milieu desjeux de musique, de« danseet depugilat, ils invoquent ton« nom et disputent leprix. »

Qu’il y eüt dans ces fetesdescombatset qu’on y disputät des prix, c’est ceque lemoigneun autre passage du rnemehymne. Le poete y celebre les choeursexecutes par les femmes de Delos, ettermine leur eloge par ce morceau,danslequel il fait mention de lui-meme:« Soyez-nous propices, Apollon et« Diane; et vous, vierges de Delos, li-« vrez-vousälajoie;etquandunetran-« ger, apres de longues courses, abor-« dera dansvolre ileet vousdemandera:« Quel est, de tous les chantres qui fre-« quentent ces lieux, celui que vous« Irouvez le plus digne de plaire, et« dont leschants vous charment le plus?«- r6pondez toutes unanimemcnt, avec« bienveillance : C’esl un aveugle qui« demeuredansl’ileescarpeedeChios.»

Yoilä ce que dil Homere, et ce qui