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Tome premier.
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THUCVDIDE

Ciiap.113. Lelendemain, ils virent jarriver un herant de ln part de ceux des jAmpraciotes qui, d’Olpes, avaient fui jcliez les Agreens. II vcnait reclamer lescorps des hommes pcrdus apres le pre-micr combat, lorsque, sans etre com-piis dans le traite, ils avaient suivi lesMantinecns et ceux qui avaient oblcnuun accord. Le heraut, ä l’aspect desarmes des Ampraciotes de la ville, futeionne d’cn voir unesi grande quanlile.Ne sachanl rien de la derniere affaire,il les prenait pour celles deses compa-gnons d’armes de la premiere atlaque.Ouelqu’un lui demanda la cause de sasurprise, ct combien ils avaient perdude monde. Celui qui faisait cetlcques-lion croyait, de son cöte, que le herautvenait de la part desguerriersdefaitsäIdomene. « A peu presdeux cents hom-mes, repondil le heraut. —Mais, repritcelui qui l’inlerrogeait, voilä les armesnon de deux cents hommes, mais deplus de mille. — Ge ne sont donc pas,dit le heraut , celles des gens qui com-Ijallaicnt avec nous? — Ge sont elles,lui repondil-on, si du moins vous com-haltites hier a Idomene. — Nous n’eü-mes hier affaire avec personne; maisseulemcnt avant-hier dans notre re-traite. —Et nous, c'est hier que nousavons engage une action avec ces hom-mes ; ils venaienl d’Ampracie au sccoursücslcurs. » Aces rnols, leherautcom-pritque le secours venu de lavilleavaitete defail; il jeta un profond soupir,et,frappe des maux de sa patrie, il se re-tira aussitöt sans remplir sa mission etsans reclamer les morts. C’est, danslecours de cette guerre, la plus grandeperte qu’ait eprouvee une ville hclleni-que en aussi peu de jours. Je n’ai pasecrit le nombre des morts; ce qu’on enrapporteesl incroyable, eu egard ä l’e-lendue de la ville. Mais je sais que si lesAcarnanes et les Amphiloques eussent

, uv. III.

voulu croire les Atheniens et Demos-thene, ils pouvaient d’emblee se rendremailresd’Ampracie; sans doute ils crai-gnirent que les Atheniens, s’en mettanten possession, ne devinssent pour euxdes voisins trop difficiles.

Ciiap. 11-4. Les troupes d’Atheneseurent le tiers des depouilles; les villesalliees se partagerent le teste: le butindes Atheniens fut perdu sur mer. De-mosthene, plus heureux, ramena surses vaisseaux la pari que lui avait failel’armee; trois cents armures completes.qu’on voit deposees dans les hierons del’Attique : c’etait en meme temps assu-rer son retour, devenu dangereuxdepuisson echec en Glolie. Les Atheniens qu’a-vaient amenes les vingt vaisseaux, re-lournerenl äNaupacte. Apres leurdepartet celui de Demosthene, les Acarnanesct les Amphiloques permirent, sur lafoi publique, auxPeloponnesiensrefu-gies aupres de Salynthius, de se retirerdes finiades.: ils conclurent meme, dansla suite, avec les Ampraciotes, un traited’alliance et d’amitie pour Cent ans, äcondition que les Ampraciotes ne s’uni-raient pas aux Acarnanes contre les Pe-I loponnesiens, ni les Acarnanes aux Am-praciotes contre les Atheniens, maisqu’ils se donneraient des secours pourdefendre leurs pays respectifs; que les: Ampraciotes rendraient aux Amphilo-ques leurs places, et toute l’elenduedepays qu’ils avaient occupee sur leursfrontieres, et qu’ils ne porteraient pasde secours a Anactorium, place enne-mie des Acarnanes. Ce traite mit fin äla guerre. Les Corinthiens envoycrentune garnison de trois cents hoplites äAmpracie, et Xenoclidas, fils d’Eulhy-cles, pour y commander. Ils eurent surla route beaucoup de peine ä traverserte conlinent. Telle fut la conclusion des| affaires d’Ampracie.

I C«Ai*. 115. Les Atheniens qui dtaient