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THUCYDIDE .
gloire. Ne ressemblez pas a ces hommesqu’etourdit un bonheur inaccoutume.Lebien inaltendu dont ils jouissenl dansle moment enflamme leur cupidite;mais ccux qui, soit en bien, soit enmal ont eprouve toutes les vicissitudesdu sort, doivent naturellement se ddfierle plus des faveurs de la fortune. Or leiesl le senliment dont une longue expe-rience a sans doute penetrß votre repu-blique, et la nötresurtout.
Chap. 18. « Instruisez-vous par lespectacle de nos desastres. Nous qui te-nons un si beau rang panni les Hel lenes,nous paraissons devant vous, et deman-dons en supplians ce que naguere nouscroyions etre les mailres d’accorder.Certes, nous ne sommes pas reduils äcette exlremite pour avoir manque depuissance, et nous etre montres inso-lens lorsqu’elle s’accroissail : mais lesentiment de notre force habituelle nousa trompes; errcur ä laquelle sont egale-ment sujets tous les hommes. 11 n’estdonc pas raisonnable, qu’eblouis de lapuissance actuelle de votre republiqueetdessucces qui viennent de l’augmen-ter encorc, vous vous flattiez d’avoirsans retour fixe la fortune au milieu devous. On doit mettre au rang des sagesceux qui savent mettre en sürete desavantages auparavant incertains. Detelshommes se presenleront aux dangersavec plus de circonspection; ils consi-dereront que la guerre prend, non latournure qu’on veut lui donner, maiscelle des evenemens qui entrainent. Deshommes ainsi disposes feront peu dechutes, parce que, loin de se laisserexalter par une aveugle confiance danslesucces, ils saisiront ardemment l'm-siant de la prosperite pour terminer lesquerelies. Atheniens, l’occasion s’enpresente ä vous en ce jour plus helle quejamais. Prenez garde : si vous fermez1 oreiile ä nos sollicitalions, et que vous
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veniez, ce qui est possible, ä eprouverun revers, on croira que vous avez düvos avantages au seul bienfait de la for-tune; tandis qu’aujourd’hui, sans cou-rir de risques, il depend de vous delaisser ä la post6rilela plus haute opi-nion de votre prudence et de votre force.
Ciiap. 19. <t Les Lacedemoniens vousinvitent ä fmir la guerre par un traitesolennel. Ils vous offrent paix, alliance,amitie, confraternite mutuelle entre lesdeux republiques; et, en retour, ils re-clament leursconcitoyenscnfermes dansl’ile. Ils pensent, en effet, qu’il est ä lafois de votre interet et du nötre de nepas nous exposer les uns et les autres äune inevitable alternative, au hasarddes combats, qui pourrait, ou les arra-cher de vos mains, en leur presentantquelque ressource inattendue, ou lessoumettre a de plus rigoureuses condi-tions, s’ils sont forces de se rendre. Selonnous, les grandes inimiliess’eteignenl,non pas lorsque apres avoir repousse sonennemi et obtenu sur lui une superio-rite decidee, on l’enchaine par des ser-mens forces et par un trait£. conclu ädes conditions inegales, mais lorsque,maitre d’employer des voies de rigueurqu’aulorise le droit des armes, on sereconcilie a des conditions modörees,genßrosite qui assure au vainqueur untriomphe nouveau inespöre. En effet,l’adversaire, qui des lors doit, non plusvengeance pour oppression, mais recon-naissance pour bienfait, esl plus disposdpar un sentiment d’honneur ä tenirfidelement les conventions stipulees. Lareconciliation qui suil les grandes hainesest plus sure que celle qui succede ädes inimities vulgaires. On est portönaturellement a ceder a quiconque sereläche volontairement de ses droits;mais contre d’orgueilleuses pretentions,il n’est pas de danger que l’on n’affronte;alors on ne consulte plus ses forces.